28 juin 1942 - 2 février 1943 - Union Soviétique: bataille de Stalingrad

La bataille de Stalingrad est, sinon la plus importante, au moins une des plus grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale, du point du vue des effectifs engagés, entre l'Allemagne nazie et l'Union Soviétique. L'objectif allemand étant le contrôle de cette ville, le plus important centre de communication et le plus grand centre industriel dans cette région Sud-Est de la Russie, sur le fleuve Volga.

Cette bataille titanesque se déroule du 28 juin 1942, date du déclenchement de Fall Blau (Plan Bleu), c'est-à-dire l'offensive de l'Axe dans la Grande Boucle du Don vers les champs pétrolifères du Caucase et la Volga, au 2 février 1943, qui marque la reddition des dernières unités allemandes piégées dans les ruines de Stalingrad.

Avec ses opérations annexes (Uranus, Petite Saturne et Tempête d'Hiver), elle est la plus sanglante dans l'histoire militaire. Au total environ deux millions d'hommes mis hors de combat (tués, blessés et disparus): 841000 Allemands et alliés Roumains, Hongrois et Italiens, contre 1.13 million de Soviétiques, et cela sans compter les pertes civiles. La bataille de Stalingrad, aujourd'hui rebaptisée Volgograd, marque l'anéantissement complet de la 6ème Armée allemande, et est un des tournants décisifs du conflit sur le front de l'Est.




Contexte historique: l'invasion allemande de l'URSS.

Le 22 juin 1941, la Wehrmacht lance l'opération Barbarossa (1). Au début, l'invasion de l'Union Soviétique est foudroyante: les troupes de l'Axe avancent très rapidement et balaient l'un après l'autre les groupes d'armées soviétiques, faisant un nombre record de prisonniers de guerre (plus de 2.5 millions en août 1941).

Mais avec l'apparition des pluies et de la terrible boue, la Raspoutitsa qui paralyse les unités mécanisées allemandes, puis du gel et de l'hiver russe, l'Armée Rouge se ressaisit et lance, le 5 décembre 1941, sa contre-offensive générale. La Wehrmacht, qui est parvenue à moins de quarantaine de kilomètres de la capitale ennemie, doit maintenant effectuer une retraite précipitée et désordonnée, vers l'Ouest. La bataille de Moscou marque le premier revers important des Allemands sur le front de l'Est.


En février-mars 1942, avec le dégel et le retour de la boue, le front soviétique se stabilise, et c'est maintenant le tour de l'Armée Rouge de marquer le pas et de faire les frais de la Raspoutitsa. Les Allemands décident alors, à la fin de l'automne, de concentrer leurs efforts dans la partie sud du front de l'Est, d'avancer à travers la Grande Boucle du Don, vers les richesses pétrolifères et les immenses champs de blé du Caucase, ainsi que vers la plus importante ville industrielle et le plus important centre de communication du Sud-Est de l'Union Soviétique, sur la Volga: Stalingrad (aujourd'hui Volgograd).

Le nom de la ville représente bien entendu, tant pour les Allemands que pour les Soviétiques, un symbole. C'est une question de prestige: sa prise serait considérée par la propagande nazie comme une éclatante victoire sur les Bolchéviques. Staline, de son côté, ne peut se permettre de la perdre pour les mêmes raisons. Cet élément va contribuer à cristalliser les deux adversaires, qui vont jetter dans la bataille toutes leurs forces disponibles.


(1) Blogosphère Mara, "22 juin - 5 décembre 1941 - Opération Barbarossa: invasion de l'Union Soviétique"


Plan Bleu: offensive d'été 1942 du Heeresgruppe Sud.

Le Heeresgruppe (Groupe d'Armée) Sud, qui avait conquis l'Ukraine et la Crimée en 1941, est sélectionné pour lancer l'offensive à travers les steppes russes vers le Caucase et ses richesses pétrolifères, vitales pour l'Union Soviétique. Le plan allemand est baptisé Fall Blau ("Plan Bleu") et inclut la participation de quatre armées, dont deux blindées.

Mais Adolf Hitler, intervenant maintenant directement dans les décisions et les planifications militaires de l'OKH sur le front Est, ordonne que le Heeresgruppe Sud soit morcelé en deux entitées. Le nouveau Heeresgruppe A, commandé par le maréchal Wilhelm List, est chargé d'avancer au sud vers Groznyi et les Montagnes du Caucase avec la 1ère Panzerarmee et la 17ème Armée allemande.

Le Heeresgruppe B, commandé par les maréchaux Fedor von Bock puis Maximilian von Weichs, comprend la 6ème Armée du général Friedrich Paulus et la 4ème Panzerarmee du général Hermann Hoth, doit avancer vers l'est et Stalingrad.

Le déclenchement du Plan Bleu est planifié pour la fin du mois de mai 1942. Cependant, en raison du siège de Sébastopol, en Crimée, qui absorbe un certain nombre d'unités allemandes et roumaines désignées pour y participer, le déclenchement de l'offensive d'été de l'Axe est rapporté à plusieurs reprises à des dates ultérieures.


Fall Blau est finalement lancé le 28 juin 1942. L'offensive allemande débute bien. Les forces soviétiques offrent peu de résistance à travers les steppes et reculent vers l'Est. Plusieurs tentatives de l'Armée Rouge pour établir une ligne de défense échouent lorsqu'elle est menacée de débordement. Deux grandes poches de résistance russes sont liquidées, la première au nord-est de Kharkov, le 2 juillet 1942, la seconde autour de Millerovo, dans le secteur de Rostov-sur-le-Don, une semaine plus tard. Dans le même temps, la 2ème Armée hongroise et la 4ème Panzerarmee allemande lancent une attaque conjointe contre Voronej, qui tombe le 5 juillet 1942.

L'avance initiale de la 6ème Armée est si rapide qu'Hitler intervient et ordonne à la 4ème Panzerarmee de rejoindre le Heeresgruppe A dans son avance vers le Caucase. Il résulte de cette malheureuse décision un gigantesque embouteillage de véhicules lorsque les unités de deux armées allemandes empruntent en sens inverse les mêmes réseaux routiers, rares dans ce secteur. Elles se retrouvent immobilisées. Le temps de résoudre cette situation inextricable retarde l'avance allemande d'au moins une semaine. En conséquence de quoi, Hitler change de nouveau les ordres de la 4ème Panzerarmee et lui réassigne Stalingrad comme objectif.

Carte ci-dessous: Plan Bleu, avance allemande du 7 mai au 23 juillet 1942.


A la fin de juillet 1942, les Allemands ont repoussé les Soviétiques sur l'autre rive du Don. A leur point le plus proche, le Don et la Volga sont séparés d'à peine 70km. Au cours de leur avance, les Allemands utilisent les armées de leurs alliés Roumains, Italiens et Hongrois pour assurer leur flanc nord. Souvent accusés par les Allemands de lâchetés et de couardises, ceux-ci sont mal considérés. Mais leur inefficacité générale résulte surtout, particulièrement dans le cas des Italiens, non au manque de courage de hommes de troupes, mais plutôt à la vétusté de leur équipement et des tactiques dépassées employées par les officiers.

La 6ème Armée allemande se retrouve bientôt à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Stalingrad, et la 4ème Panzerarmee, qui manoeuvre sur son flanc sud, infléchit son axe d'attaque vers le nord et converge elle-aussi vers la ville.

Simultanément, dans le secteur du Heeresgruppe A, la 17ème Armée allemande et la 1ère Panzerarmee poursuivent leur avance au sud dans le Caucase, vers la ville de Groznyi. Leur ligne de ravitaillement se retrouvent ainsi étirées au maximum. Les deux groupes d'armées allemands évoluent désormais indépendament l'un de l'autre, et la distance entre les deux n'arrête de croître.

Photo ci-dessous: l'avance d'un StuG III allemand dans les steppes russes vers Stalingrad.



Début de la bataille de Stalingrad.

A Moscou, le 28 juillet 1942, Joseph Staline publie son Ordre du jour n°227: "Plus un pas en arrière!" (2) Ce texte, qui est lu dans toutes les unités de l'Armée Rouge, mentionne explicitement: "Les paniquards et les lâches doivent être exterminés sur place. L'idée de la retraite doit être éliminée de façon définitive... Les chefs militaires ayant permis l'abandon volontaire de positions doivent être privés de leur commandement et déférés immédiatement en conseil de guerre... Quiconque se rend est un traitre à la Mère Patrie... Chaque armée doit créer trois à cinq détachements bien armés, pouvant comprendre jusqu'à 200 hommes chacun, pour former une ligne derrière les vagues d'assaut, chargée d'abattre tout soldat tentant de fuir..."

L'objectif des Allemands étant devenu très clair, les Soviétiques évacuent tout ce qui est possible hors de la ville de Stalingrad menacée, sur l'autre rive de la Volga et en dehors du rayon d'action de l'aviation ennemie: stocks de blé, bétail, matériel roulant et ferroviaire. Cependant, cette "Victoire de la Moisson" laisse la population civile, que Staline refuse obstinément d'évacuer, pratiquement démunie et sans ressources, et ce avant même le début de l'attaque allemande.

La production industrielle se poursuit dans quelques usines, en particulier l'Usine des Tracteurs, l'usine Octobre Rouge et l'usine Barricade, qui fabriquent des chars T-34. Avant que la Wehrmacht atteigne la ville, la Luftwaffe s'en prend au trafic fluvial sur la Volga, vital pour son ravitaillement. Ainsi, entre le 25 et le 31 juillet 1942, 32 navires soviétiques qui effectuent la navette entre les deux rives sont coulés, et 9 autres séveremment endommagés.

La bataille débute par un formidable bombardement mené par la Luftflotte 4 du général Wolfram von Richthoffen, le 23 août 1942. 600 bombardiers moyens et en piquée déversent 1000 tonnes de bombes, déclenchant des très violents incendies. C'est la première et la plus importante attaque aérienne massive allemande. Au cours de ce raid dévastateur, 40000 civils russes périssent. Le même jour, l'"Etat de siège" de la ville est proclamée par les autorités soviétiques.


Staline a ordonné de masser des concentrations de troupes fraîches, dont des unités sibériennes, à l'arrière du front, sur la rive orientale de la Volga. Tous les ferries fluviaux réguliers ayant été détruits par la Luftwaffe, un petit système de navettes est instauré pour faire traverser des troupes sur des remorqueurs ou de petites embarcations. Les personnes réquisionnées, hommes, femmes et enfants sans distinction, doivent creuser des systèmes de tranchées et renforcer des positions défensives. Après le raid aérien allemand du 23 août, les autorités soviétiques ne prennent plus la peine de recenser les victimes, civiles ou militaires, des bombardements aériens allemands.

La Force Aérienne Soviétique, ou Voenno-Vozdushnye Sily (VVS) a été proprement balayée du ciel par la Luftwaffe. Dans le secteur de Stalingrad, la VVS perd 201 avions pendant la semaine du 23-31 août. Les Soviétiques poursuivent cependant un petit mais régulier ravitaillement par air au cours du mois de septembre 1942, et leur aviation continuera de souffrir de pertes importantes. Cependant, les industries aéronautiques, qui ont été littéralement démontées et relocalisées au-delà de l'Oural, tournent maintenant au maximum. La production atteint des sommets: au cours du second semestre de cette année 1942, 15800 avions sortiront des chaînes de montage. Bien que la Luftwaffe ait la maîtrise aérienne absolue sur le front, la VVS reconstitue, lentement mais sûrement, ses réserves stratégiques.

Initialement, la défense de Stalingrad est confiée au 1077ème Régiment anti-aérien, une unité auxiliaire, composée en partie de volontaires féminins, qui n'a aucune formation, entraînement ou expérience du combat terrestre. En dépit de ce fait, et sans soutien d'autres unités, les servants de ces pièces AA restent à leur poste et affrontent directement les blindés allemands qui se présentent à eux. La 16ème Division panzer rapporte qu'elle a affronté en combat rapproché les artilleurs du 1077ème Régiment, et éliminer, l'une après l'autre, 37 batteries de canons russes. Les soldats allemands sont surpris de constater que parmis les corps et les prisonniers russes, se trouvent des femmes.

Au début de la bataille, l'Armée Rouge compte également sur les "bataillons de milice ouvrière", la main d'oeuvre qui ne se trouvent pas pas impliquée dans la production de guerre. Pendant une courte période, les chars T-34 produits dans la ville sont amenés directement des chaînes de montage au front par des ouvriers volontaires, souvent sans peinture de finition ni même de marquages ou de cocardes distinctifs.

Photo ci-dessous: fantassin allemand ayant récupéré un pistolet-mitrailleur PPSch 41 russe.


A la fin du mois d'août 1942, le Heeresgruppe B atteint la Volga au nord de Stalingrad. D'autres unités allemandes avancent également vers le fleuve au sud de la ville. Le 1er septembre 1942, les Soviétiques ne peuvent plus ravitailler la ville qu'en traversant la Volga, sous le bombardement constant de l'artillerie et de l'aviation allemande.

Le 5 septembre 1942, les 24ème et 66ème Armées soviétiques lancent une offensive contre le 14ème Panzerkorps de la 6ème Armée allemande. La Luftwaffe aide à repousser l'attaque en bombardant les positions d'artillerie et défensives soviétiques. A midi, quelques heures seulement après le début de leur offensive, les Soviétiques sont forcés de reculer jusqu'à leurs positions de départ.

Photo ci-dessous: position défensive russe dans la banlieue de Stalingrad.


Les attaques soviétiques sont constamment stoppées grâce à l'intervention de la Luftwaffe. Le 18 septembre 1942, la 24ème Armée et la 1ère Armée de la Garde soviétiques lancent une autre offensive contre le 8ème Korps de la 6ème Armée allemande à Kotluban. Les bombardiers en piquée du VIII Fliegerkorps, intervenant vague après vague, brisent l'attaque russe et l'Armée Rouge est de nouveau repoussée.

Les équipages de Ju-87 Stuka revendiquent pendant cette journée 41 des 106 chars soviétiques détruits, pendant que les Bf-109 d'escorte abattent 77 avions ennemis. Dans les ruines de la ville, les 62ème et 64ème Armées soviétiques, dont fait partie la 13ème Division de Fusiliers de la Garde commandée par le général Alexander Rodimtsev, organisent leurs défenses en points d'appui dans les maisons et les usines détruites. Les combats hurbains dans les ruines de Stalingrad sont féroces et sans pitié. Rodimtsev recevra d'ailleurs une des deux distinction "Héros de l'Union Soviétique" décernées pendant la bataille, pour ses actions défensives.

L'espérance de vie des soldats russes nouvellement arrivés ne dépasse pas vingt-quatre heures, et celle des officiers, trois jours. L'Ordre n°227 de Staline ne leur laisse guère d'espoir de survie: ils doivent choisir entre les balles allemandes devant ou les balles des commissaires politiques derrière. Les Allemands, qui en sont réduits à nettoyer les maisons l'une après l'autre et à livrer des violents combats de rue, subissent également de lourdes pertes.


La doctrine militaire allemande est basée sur le principe d'utilisation d'une combinaison d'armes et d'une étroite collaboration entre les chars, l'infanterie, le génie, l'artillerie et les avions d'attaque au sol. Mais l'Armée Rouge trouve la parade à cette tactique, les commandants d'unités soviétiques essaient de garder leurs lignes de défenses aussi près que possible des positions ennemies. Chuikov appelle cela "étouffer" ou "étreindre le coeur" des Allemands. Cela force les combattants allemands soit à se passer du soutien d'artillerie terrestre ou aérien, soit de prendre le risque d'être atteints par un "tir ami", de se faire bombarder par ses propres compatriotes.

Les Soviétiques comprennent très vite que, dans Stalingrad, la meilleure défense consiste à transformer de nombreux baptiments permettant de contrôler ou de surveiller les rues importantes et les places stratégiques. Cette stratégie est valable aussi longtemps que les Soviétiques tiennent des quartiers de la ville. Les soldats russes convertissent donc de nombreux blocs d'immeubles d'habitation, d'usines, d'entrepôts, de résidences de coins de rue, de batiments officiels, de buildings, etc, en autant de points d'appui très solidement défendus et hérissés de mitrailleuses, d'armes antichars, de snipers, entourés de champs de mines et de barbelés. Ils constituent en outre de petites équipes (5 à 10 hommes) de "grenadiers" équipés d'armes automatiques, chargées de passer d'un immeuble à l'autre en empruntant un réseau complexe de labyrinthes sous-terrains et d'égouts. Les Allemands surnomment cette tactique de guerre hurbaine Rattenkrieg, ou "Guerre des Rats". Une plaisanterie ironique ne tardent d'ailleurs pas à se répandre à ce sujet au sein de la 6ème Armée allemande: "Une fois la cuisine capturée, il reste encore à se battre pour le salon."

Dans un tel chaos indescriptibles, toute ligne de front disparait, et la guerre de mouvement auquelle la Wehrmacht était habituée jusqu'alors se transforme en un cauchemard d'escarmouches, de combats hurbains et d'embuscades, où l'on se bat férocement pour le contrôle d'un tas de ruines, d'un immeuble ou d'une maison, parfois même d'un simple étage ou d'une seule pièce.

Dans certains grands buildings ou immeubles déjà "visité" par la Luftwaffe et dévastés, les étages et palliers occupés par les uns et les autres alternent: les Allemands tiennent le rez-de-chaussée, les Soviétiques le premier étage, les Allemands de nouveau le pallier supérieur, puis les Soviétiques, et ainsi de suite... Quand ils en ont l'occasion, les adversaires se tirent dessus à travers les trous d'obus ou de bombes dans les planchés ou les plafonds.

Photo ci-dessous: fantassins russes retranchés dans les ruines d'une usines.


Les combats sur la Mamayev Kourgane, une colline dominante à l'intérieur de la ville, seront particulièrement acharnés et impitoyables: la position change de mains à plusieurs reprises. Le 12 septembre 1942, la 62ème Armée soviétique en est réduit à environ 20000 hommes, 90 chars et 700 pièces d'artillerie.

La 13ème Division de fusiliers de la Garde, commandée par le général Alexander Rodimtsev, défend la Mamayev Kourgane. La division a été jetée dans la bataille dès son arrivée, le 13 septembre, avant même d'être regroupée. Le résultat est prévisible: elle perd 95% de ses effectifs, et seuls 320 hommes sur les 10000 du début survivront à la bataille. Chaque position fortifiée est férocement défendue, perdu puis regagné plusieurs fois. La Gare ferroviaire centrale changera de mains quatorze fois en six jours. La division russe cesse d'exister, mais ses hommes ont tué à peu près un nombre équivallent d'Allemands. Le 27 septembre, les Allemands ont pris la moitié de la colline, mais les survivants de la 284ème Division soviétique tiendront le reste jusqu'à la fin de la bataille.

Les combats sont également acharnés pour le contrôle du Silo à Grains Géant. Les Soviétiques, avant d'en être chassé, mettent le feu aux stocks de grains, et les Allemands, lorsqu'ils s'en emparent, n'y trouvent qu'une quarantaine de corps de soldats ennemis.

Dans un autre secteur encore, une section soviétique commandée par le sergent Yakov Fedotovich Pavlov, de la 13ème Division, a transformé un immeuble d'habitations en une véritable forteresse quasi-imprenable, qui sera par la suite baptisée "Maison de Pavlov". Les Russes qui la défendent l'ont entouré d'un important champ de mines, et disposé un grand nombre d'armes automatiques et de pièces antichars tirant à travers les fenêtres. Ils ont en outre creusé des trous dans les murs et les planchers pour pouvoir circuler plus facilement d'une pièce à l'autre, et une quarantaine de civils sont terrés dans les caves. Le Peleton Pavlov tiendra cette position pendant presque deux mois. L'immeuble est d'ailleurs représenté sur les cartes d'état-major allemandes par la désignation Festung ("Forteresse"), ce qui en dit long sur sa réputation. Pavlov se vera attribuer, avec Rodimtsev, une des deux distinctions "Héros de l'Union Soviétique" décernée au cours de la Bataille de Stalingrad.


Les combats s'enlisant, les Allemands transfèrent même à l'intérieur de la ville, par voie ferrée, leur gigantesque mortier de 800mm baptisé "Dora". Les Soviétiques, de leur côté, ont rassemblé sur la rive orientale de la Volga un impressionant nombre de batteries d'artillerie. Celles-ci bombarderont continuellement les positions allemandes durant toute la bataille. Les chars allemands, gênés ou immobilisés par les destructions et les tonnes de gravas, pouvant mêmes atteindre huit mètres de haut, se révèlent totalement inutiles, et s'ils parviennent malgré tout à avancer, ils se retrouvent très vulnérables et pris sous le tir de nombreuses armes antichars dissimulés dans les ruines d'immeubles. Ces conditions difficiles ralentissent la progression allemande.

Le 19 novembre 1942, le jour du déclenchement de l'opération Uranus, après trois mois de carnage et d'avance lente et coûteuse, les Allemands contrôlent 93% de la ville et ont atteint la Volga en deux endroits différents, coupant ainsi ce qui reste de la 62ème Armée soviétique en trois minuscules poches de résistance, acculées sur la rive occidentale de la Volga: la Colline Mamayev, l'Usine Barricade et la "Raquette de Tennis".

La hantise des Allemands, et particulièrement des officiers, ce sont les tireurs d'élite soviétiques, qui causent des pertes sérieuses dans leurs rangs. Le plus célèbre d'entre-eux, Vassili Zaitsev, sera le titulaire d'un tableau de chasse impressionnant à Stalingrad: 242 cibles confirmées éliminées, le nombre réel étant certainement supérieur. L'unité spéciale à laquelle il est rattâché sera quant à elle créditée d'un score de plus de 3000 Allemands tués.


Zaytsev prétendra dans ses mémoires "Notes of a Sniper", récit repris par l'écrivain américain William Craig dans son livre "Enemy of the Gates: The Battle of Stalingrad", publié en 1973, avoir ainsi éliminé son homologue allemand Erwin König, bien que les archives du personnel de la Wehrmacht à cette époque n'evoque aucun tireur d'élite portant ce nom. Alors mythe, fantasme ou réalité?

En 2001, le réalisateur Jean-Jacques Annaud s'inspirera de ce duel, réel ou mythique, entre le Russe et l'Allemand, comme histoire de fond pour son film "Ennemy at the Gates", titre français "Stalingrad", avec les acteurs Jude Law et Ed Harris interprétant les deux protagonistes.


Carte ci-dessous: avance allemande vers Stalingrad, du 24 juillet au 18 novembre 1942.



(2) http://www.stalingrad-info.com/order227.htm

Opération Uranus: contre-offensive d'hiver soviétique.

En Automne 1942, reconnaissant que les Allemands sont fortement désavantagés pendant les opérations menées durant l'hiver, et la plupart des troupes de la Wehrmacht étant déployées dans le secteur sud du front de l'Est, le Commandement Suprême de l'Armée Rouge (Stavka) décide de mener une série de contre-offensives. Ces opérations entameront la "Grande Campagne d'hiver 1942-1943" des Soviétiques.

Les forces impliquées dans l'opération Uranus, la contre-offensive soviétique dans le secteur de Stalingrad, regroupent au total quinze armées, dont trois de l'air, réparties en trois "Fronts" ou Groupes d'Armées, 1.1 million d'hommes, 800 chars, 13400 pièces d'artillerie et 1000 avions.


• Front du Sud-Ouest. Général Nikolaï Vatoutine. Formé le 22/10/1942 et regroupant au total 18 divisions d'infanterie, 8 brigades de chars, 2 brigades motorisées et 6 divisions de cavalerie.

- 1ère Armée de la Garde. Général Dimitri Leliouchenko.
- 5ème Armée de chars. Général Prokofii Romanenko.
- 21ème Armée. Général Ivan Christiakov.
- 63ème Armée. Général Vasily Kuznetzov.
- 17ème Armée de l'Air.

• Front du Don. Général Konstantin Rokossovski.

- 65ème Armée. Général Pavel Batov.
- 24ème Armée. Général Ivan Galanine.
- 66ème Armée. Général Alexander Zadov.
- 16ème Armée de l'Air.

• Front de Stalingrad. Général Andreï Ieremenko.

- 62ème Armée. Général Vassily Chuikov.
- 64ème Armée. Général Mikhail Shoumilov.
- 57ème Armée. Général Fedor Tolbouckhine.
- 51ème Armée. Général Nikolaï Trufanov.
- 28ème Armée. Général Vassilii Gerasimenko.
- 8ème Armée de l'Air.

L'opération Uranus est le nom de code de l'offensive soviétique visant à l'encerclement des forces de l'Axe dans la "Poche de Stalingrad", en gros la 6ème Armée allemande, plus certains éléments de la 4ème Panzerarmee et des alliés roumains, hongrois et italiens. Suivant les directives de Stavka, ce plan, un double mouvement de prise en tenaille, a été conçu en automne 1942 par Alexander Vassilievski et Georgi Joukov, responsables des plans stratégiques de l'état-major suprême à Moscou.

Au nord-ouest et au sud de Stalingrad, l'Armée Rouge a amassé dans cette intention d'énormes moyens (voir ci-dessus): quinze armées et plus d'un million d'hommes, 800 chars et 1000 avions, ainsi que 13400 pièces d'artillerie, canons automoteurs et mortiers.

L'offensive doit s'effectuer en deux temps, l'élément nord, le Front du Sud-Ouest du général Nikolai Vatoutine, attaquera le 17 novembre 1942. Et l'élément sud, les 51ème et 57ème Armées du Front de Stalingrad, commandé par le général Andreï Ieremenko, le lendemain. Mais du fait des retards de préparation, l'offensive sera reportée de quarante-huit heures, et finalement programmée pour les 19 et 20 novembre 1942.

Le 19 novembre 1942, à 7h20, 3500 pièces d'artillerie russes ouvrent le feu contre les positions de la 3ème Armée roumaine, au nord-ouest de Stalingrad. Les Allemands ont en effet confié la couverture des flancs du Heeresgruppe B à leurs alliés de l'Axe (Italie, Roumanie, Hongrie), de part à d'autre de Stalingrad. La 3ème Armée roumaine occupe un front large de 140km, mais elle est sous-équipée et dispose d'effectifs nettement insuffisant.

L'offensive terrestre du Front Sud-Ouest de Vatoutine débute à 8h50. Une percée des 4ème Corps de chars et 3ème Corps de cavalerie de la Garde est bientôt réalisé à travers le mince dispositif roumain. Peu après, la 5ème Armée de chars réalise une seconde percée à travers les lignes tenues par le 2ème Corps roumain, suivie par le 8ème Corps de cavalerie. Trois divisions roumaines abandonnent leurs positions et refluent en désordre.

Après avoir pris connaissance de l'attaque soviétique, le commandant de la 6ème Armée allemande, le général Friedrich Paulus, envoie le 48ème Panzerkorps, engagé dans la partie nord de Stalingrad, pour tenter de combler la brêche. Mais celui-ci est faiblement équipé et ne comprend plus qu'une centaine de chars capables de se mesurer aux T-34 russes. La 22ème Division panzer est complètement détruite dans les combats de blindés qui s'ensuivent. La 1ère Division blindée roumaine, une des unités du 48ème Panzerkorps, engage le 26ème Corps de chars russe, mais ayant perdu le contact avec les autres unités ou le commandement du korps allemande, elle sera anéantie à son tour le lendemain.

Les Soviétiques poursuivent leur avance au sud. Au crépuscule, les troupes de Vatoutine ont virtuellement anéanti la 3ème Armée roumaine et capturé 27000 prisonniers. Le front roumain dans ce secteur est en complète désintégration.

Le commandant du Heeresgruppe B, le général Maximilian von Weichs, réalise tout de suite le danger mortel de cette pénétration ennemie, et ordonne de contre-attaquer immédiatement pour rétablir la situation.

Photo ci-dessous: le matériel américain (ici des chars M3) en service dans l'Armée Rouge, fin 1942. Notament lors de la bataille de Stalingrad.


Le 20 novembre 1942, à 8h, c'est le tour du Front de Stalingrad, avec deux armées, d'entrer dans la danse, sur un front large de 140km au sud de la ville, contre la ligne de front tenue par la 4ème Armée roumaine, également sous-équipée et aux effectifs insuffisants, et la 4ème Panzerarmee allemande. Pendant que la 65ème Armée soviétique fixe les défenses du 11ème Korps allemand, la 51ème Armée attaque le 6ème Corps roumain. Puis à 10h, la 57ème Armée soviétique se joint à l'attaque. Profitant que la confusion occasionnée dans les rangs germano-roumains, les 4ème et 13ème Corps mécanisés réussissent plusieurs percées.

Les Allemands, pour combler cette nouvelle brêche, doivent faire intervenir leur unique réserve dans ce secteur: la 29ème Division de panzergrenadiers. Celle-ci contre-attaque avec une cinquantaine de chars, causent des pertes sérieuses sur le flanc gauche gauche des Soviétiques, mais devant le raidissement de la résistance russe, elle doit bientôt s'arrêter.

Le 21 novembre 1942, les Soviétiques ont réussi une percée profonde en moyenne de 50km, et après la destruction des deux armées roumaines, ils commencent à engager les unités sur les flancs et les arrières des 6ème Armée et 4ème Panzerarmee allemandes. Ce même jour, Paulus reçoit des rapports signalant les forces soviétiques à une quarantaine de kilomètres à peine de son QG.

Le 22 novembre 1942, les deux branches de la tenaille soviétique convergent vers Kalach. Kalach est faiblement défendu par des troupes allemandes d'intendance et de ravitaillement. En fin de matinée, dans cette zone, le 4ème Corps de chars du Front Sud-Ouest, venant du nord-ouest, établit sa jonction avec le 4ème Corps mécanisé du Front de Stalingrad, venant du sud. L'encerclement de la 6ème Armée allemande et des débris d'unités roumaines dans les ruines de Stalingrad est complet. Les Allemands, pour briser cet encerclement, lancent aussitôt des contre-attaques. En vain.

200000 à 250000 Allemands et Roumains se retrouvent pris au piège dans une poche de 50km de large dans le sens ouest-est, et de 40km dans le sens nord-sud. Dans cette poche, quatre korps d'infanterie et un panzerkorps des 6ème Armée et 4ème Panzerarmee, 100 chars, 2000 pièces d'artillerie et 10000 autres véhicules. Mais pour les assiégés, le pire reste encore à venir: la neige, le froid et la faim.


Encerclement de la 6ème Armée allemande.

Environ 250000 soldats allemands et roumains, plus le 369ème Régiment d'infanterie croate et un certain nombre de troupes italiennes et hongroises, se retrouvent pris au piège dans le "Chaudron" de Stalingrad. A l'intérieur de la poche, se trouvent également 10000 civils et plusieurs milliers de prisonniers de guerre russes capturés lors de l'avance allemande. L'Armée Rouge forme immédiatement deux lignes de front défensives: l'une tournée vers l'extérieur, l'autre vers l'intérieur.

Adolf Hitler avait déclaré, lors d'un grand rassemblement populaire au Sport Palace de Berlin, le 30 septembre 1942, que la Wehrmacht ne quittera jamais Stalingrad. Au cours d'une réunion des ses chefs d'état-major peut avant l'encerclement effectif des Soviétiques, ceux-ci proposent une percée immédiate de la 6ème Armée pour sortir du Chaudron, quitter Stalingrad et s'établir sur la rive occidentale du Don. Mais Hitler, qui s'est retiré dans son châlet de l'Obersalzberg, à Berchtesgaden en Bavière, est en réunion avec Hermann Goering. Ce dernier, après s'être rallié aux vue de son chef d'état-major, Hans Jeschonnek, lui affirme que son aviation est capable d'assurer le ravitaillement des troupes encerclées, grâce à un pont aérien. Un tel ravitaillement par air avait réussi un an plus tôt, dans la poche allemande de Demiansk, mais à une plus petite échelle. Ce succès renforce la conviction d'Hitler et de Goering pour rééditer cet exploit logistique.

Le commandant de la Luftflotte 4 chargée du secteur de Stalingrad, le général Wolfram von Richthofen, essaie sans succès de faire changer d'avis Hitler, car il estime le ravitaillement de la 6ème Armée et d'un Korps de la 4ème Panzerarmee impossible à réaliser. Il estime qu'il ne peut fournir qu'au maximum 117.5 tonnes de ravitaillement par jour, alors que les assiégés ont besoin de 800 tonnes journaliers pour survivre! Le seul aérodrome encore pratiquable dans la poche de Stalingrad est Pitomnik. Pour pallier le nombre insuffisant de Junker Ju-52, les Allemands doivent convertir des bombardiers He-111 en avions de transport. Mais Hitler, malgré l'avis de von Richthofen, soutient le plan de Goering et réitère son ordre à la 6ème Armée de ne pas quitter Stalingrad et de résister sur ses positions.

Le pont aérien allemand sera finalement un échec, et la 6ème Armée allemande est condamnée à mourir lentement de faim et de froid. Les conditions météorologiques, les pannes techniques, la DCA et la chasse soviétiques prélèvent un lourd tribu à la Luftflotte 4. Les Ju-52 et He-111 s'avèrent incapable de fournir les 117.5 tonnes quotidiens promis par von Richthofen. La moyenne journalière établie est d'environ 94 tonnes, avec un record le 19 décembre (289 tonnes). Les approvisionnements qui parviennent aux assiégés se révèlent parfois incongrus et totalement inutiles: un avion livre 20 tonnes de vodka avec un stock d'uniformes d'été, un autre avec du poivre noir et de la marjolaine.

L'indécision d'Hitler sur les objectifs de l'opération Tempête d'Hiver, permettre le retrait de la 6ème Armée ou lancer une attaque extérieure pour ouvrir un couloir à travers les lignes ennemies, signifie que de grande quantité de munitions et d'approvisionnement qui auraient été plus utiles à la 6ème Armée pour sortir du Chaudron, vont être gaspillées et perdues inutilement. Les Ju-52 et H-111 du pont aérien, après avoir livré leur cargaison, embarquent parfois au retour des malades ou des blessés. Ainsi, 42000 hommes au total parviendront à échapper à l'enfer de Stalingrad.

Initiallement, le pont aérien allemand utilise l'aérodrome de Tatsinskaya comme base de départ pour ravitailler Stalingrad. Mais le 24 décembre 1942, le 24ème Corps de chars soviétique, commandé par le major-général Vasily M. Badanov, atteint l'aérodrome en question, non protégé, détruit au sol 72 Ju-52 et He-111, et force 108 autres avions allemands à décoller d'urgence et l'abandonner pour Novocherkassk. Une nouvelle base est établie à Salsk, à 350km de Stalingrad. Cet aérodrome est abandonné à son tour le 15 janvier 1943 au profil de Zverero, près de Shakty. Celui-ci est investit par l'Armée Rouge trois jours plus tard, le 18 janvier, et une cinquaintaine d'avions allemands supplémentaires sont détruits au sol.

Les pertes de la Luftwaffe sont très lourdes: 266 Junker Ju-52 perdus, soit un tier des avions de ce type engagés sur le front de l'Est, ainsi que 165 He-111 reconvertis pour les missions de transport. A cela s'ajoute 42 Junker Ju-86, 9 Focke-Wulf Fw-200 Condor, 5 Heinkel He-177 et 1 Junker Ju-290. Soit au total 495 avions perdus, du 24 novembre 1942 au 31 janvier 1943.


Opération Petite Saturne: offensive soviétique et retraite allemande.

Les forces soviétiques consolident leurs positions autour de Stalingrad, et de féroces combats pour réduire la poche allemande commencent. L'Armée Rouge attaque également vers l'ouest, pour reprendre Rostov-sur-le-Don et élargir son couloir entre les assiégés et le reste des troupes allemandes. Pour porter le coup de grâce, le maréchal Georgi Joukov rassemble pour l'occasion onze armées soviétiques, un million de soldats, 5 corps blindé, 66 divisions de fusiliers, 13500 pièces d'artillerie, 890 chars et 1100 avions. C'est l'opération Saturne.


1° Opération Tempête d'Hiver: offensive allemande vers Stalingrad (12-23 décembre 1942).

Parallèlement à cela, la 4ème Panzerarmee du général Hermann Hoth lance une contre-attaque, l'opération Unternehmen Wintergewitter (Tempête d'Hiver) pour briser l'étau soviétique et porter secours à la 6ème Armée de Paulus.

Photo ci-dessous: Panzer III dans le secteur de Stalingrad, 22 décembre 1942.


Le 12 décembre 1942, le 57ème Panzerkorps de la 4ème Panzerarmee, commandé par le général Friedrich Kirchner, attaque les arrières de la 51ème Armée soviétique et progresse vers le nord-est, se rapprochant de Stalingrad. Au cours de ce premier jour, les Allemands balaient les résistances ennemies et avancent d'une cinquantaine de kilomètres.

Le 13 décembre 1942, la 6ème Division panzer engage des unités de la 5ème Armée de chars, celle-ci étant occupée à réduire des positions défensives de la 6ème Armée allemande sur le fleuve Chir, et pulvérise les unités blindées soviétiques les unes après les autres. Une importante bataille de chars se livre autour du village de Verkhne-Kumskiy pour la possession de la localité. Mais bien que souffrant de pertes importantes, les forces soviétiques arrêtent puis repoussent les Allemands sur les rives de l'Alksey, à la fin de ce jour.

Les trois jours suivants, l'Armée Rouge lance une série de contre-attaques pour éliminer les têtes de ponts allemandes sur l'Alksey, mais avec l'appui des Stuka, la 6ème Division panzer brise les assauts russes en faisant un massacre de chars ennemis. Cette division souffre cependant elle-aussi de lourdes pertes, au point qu'elle doit être relevée, quitter le champ de bataille pour être recomplétée.

L'offensive de la 4ème Panzerarmee force STAVKA à redéfinir ses objectifs pour l'opération Saturne. Les Soviétiques décident de limiter leurs ambitions dans les attaques contre la 8ème Armée italienne. L'opération Saturne est rabaptisée Petite Saturne. Le 13 décembre, la 2ème Armée de la Garde est transférée du Front du Don au Front de Stalingrad pour tenter de contenir l'offensive de Hoth.

Le 16 décembre 1942, le 4ème Corps mécanisée et le 13ème Corps de chars soviétiques poursuivent leurs assauts contre les positions du 57ème Panzerkorps sur les rives de l'Alksay, en essayant de retarder l'avance allemande et permettre l'arrivée de la 2ème Armée de la Garde. Ce même jour, les 1ère et 3ème Armées de la Garde, en coopération avec la 6ème Armée soviétique, lance l'opération Petite Saturne. Quarante-huit heures plus tard, le 18 décembre, l'Armée Rouge perce le front tenu par la 8ème Armée italienne, et menace désormais le flanc gauche du Heeresgruppe du Don. Rostov est maintenant menacé d'être reprise par la 3ème Armée de la Garde.

Cette menace soviétique et les pertes subies par les divisions panzers force le maréchal Erich von Manstein à reconsidérer la poursuite de son offensive de dégagement. L'Allemand est incapable de mener deux opérations simultanées: protéger son flanc gauche et poursuivre l'opération Tempête d'Hiver. C'est l'un ou l'autre... la mort dans l'âme, il ordonne au 48ème Panzerkorps de stopper à son tour son avance vers Stalingrad et de se placer en défensive. Pour noircir encore cette situation, Adolf Hitler rejette catégoriquement les propositions de von Manstein de permettre à la 6ème Armée allemande de sortir des ruines de Stalingrad et d'essayer de rejoindre le Heeresgruppe du Don. Dès lors, le sort des défenseurs allemands de Stalingrad est définitivement scellé.

Le 23 décembre 1942, la 4ème Panzerarmee se place en défensive et stoppe son offensive. 48km la sépare encore de l'extrêmité sud du périmètre défensif allemand de Stalingrad. Le lendemain, Hermann Hoth entame sa retraite sur ses positions de départ. C'est l'ensemble du Heeresgruppe du Don qui est placé sur la défensive, à 65km des malheureux assiégés de Paulus.

2° Victoire finale des Soviétiques.

Ordre de bataille de la 6ème Armée allemande le 22 décembre 1942.

• 14ème Panzerkorps. Général-Lieutenant Hans-Valentin Hube.
3ème et 29ème Divisions d'infanterie motorisées.

• 51ème Korps. Général Walter von Seydlitz-Kurzbach.

- 389ème Division d'infanterie. Général-Major Erich Magnus.
- 100ème Division de chasse. Général-Lieutenant Werner Sanne.
- 295ème Division d'infanterie. Général-Major Dr. Otto Korfes.
- 71ème Division d'infanterie. Général Alexander von Hartmann.
- 79ème Division d'infanterie.
- 305ème Division d'infanterie. Général-Lieutenant Bernhard Steinmetz.

• 8ème Korps. Général Walter Heitz.

- 44ème Division d'infanterie. Général Friedrich Siebert.
- 113ème Division d'infanterie. Général-Lieutenant Hans-Heinrich Sixt von Armin.
- 76ème Division d'infanterie. Général-Lieutenant Carl Rodenburg.
- 384ème Division d'infanterie. Général-Lieutenant Eccard Freiherr von Gablenz.
- 376ème Division d'infanterie. Général-Lieutenant Alexander Edler von Daniels.

• 11ème Korps. Général Karl Strecker.

- 16ème Division panzer. Général-Lieutenant Günther Angern.
- 24ème Division panzer. Général-Lieutenant Arno von Lenski.
- 60ème Division d'infanterie motorisée. Général-Major Hans-Adolf von Arenstorff.
- 94ème Division d'infanterie. Général Georg Pfeiffer.

• 4ème Korps.

- 371ème Division d'infanterie. Général-Lieutenant Richard Stempel.
- 297ème Division d'infanterie. Général Max Pfeffer.
- 20ème Division d'infanterie roumaine.

• Troupes d'armées (Armeetruppen).

- 4ème Division panzer. Général-Lieutenant Erich Schneider.

La menace de l'offensive de la 4ème Panzerarmee désormais écartée, le Front de Stalingrad peut désormais se consacrer entièrement à l'élimination de la poche allemande. La perte des deux aérodromes encore tenus par la 6ème Armée allemande, Pitomnik (16 janvier) et Gumrack (25 janvier) met définitevement fin au ravitaillement en nourriture et en munitions, et à l'évacuation des blessés.

Les soldats de Paulus sont maintenant menacé de famine et physiquement à bout de force. Un grand nombre d'entre-eux meurt de froid et/ou de faim. Le manque de munitions et de vêtements d'hiver se fait également cruellement sentir.

Au prix de terribles combats dans les décombres, où on se bat pour chaque bâtiment en ruine, et parfois même pour un étage, les Soviétiques réduisent petit à petit la poche allemande. Le 26 janvier, celle-ci est coupée en deux. Un groupe Sud, dans le centre de la ville, sous les ordres directs de Paulus, et un groupe Nord, retranché autour des Usines Barricade et Tracteurs, sous les ordres du général Karl Strecker, commandant du 11ème Korps.

Le 30 janvier 1943, pour le dixième anniversaire de son arrivée au pouvoir, Adolf Hitler élève Paulus au rang de Feldmaréchal. Ce même jour, les forces soviétiques ont encerclé son quartier-général installé dans les ruines d'un magazin d'Etat GUM.

Le jour suivant, 31 janvier 1943, c'est la fin. Paulus doit capituler. Ce qui reste de sa 6ème Armée, 91000 affâmés, blessés ou malades (dont 3000 Roumains), sur un effectif total de 360000 hommes six mois plus tôt, déposent les armes. Les Soviétiques capturent 22 généraux ou officiers supérieurs allemands. A cette nouvelle, Hitler entre dans un terrible accès de colère et condamne la famille du commandement de la 6ème Armée allemande à l'infâmie et au déshonneur.

Le 2 février 1943, la reddition du 11ème Korps de la 6ème Armée allemande du général Karl Strecker, deux jours après celle de Paulus, marque la fin définitive de la résistance allemande dans les ruines de la ville.

Photo ci-dessous: 1° Le "Maréchal" Friedrich Paulus capitule le 31 janvier 1943. 2° Un soldat russe escorte un prisonnier allemand.



Certains généraux allemands préfèrent le suicide à la capture. Tel est le choix du général-lieutenant Günther Angern, commandant de la 16ème Division panzer, et du général-lieutenant Richard Stempel, de la 371ème Division d'infanterie. En raison de la censure militaire stricte et de la propagande nazie, le peuple allemand ignorera tout de la situation militaire à Stalingrad jusqu'à la fin. Après, ce n'est plus possible au Troisième Reich de dissimuler un tel désastre.

Carte ci-dessous: Opération Petite Saturne, l'offensive d'hiver soviétique, de novembre 1942 à février 1943.



Bilan de la bataille de Stalingrad.

La bataille de Stalingrad marque la première grande défaite allemande sur le front de l'Est. Le 18 février 1943, le Ministre de la Propagande Joseph Goebbels, au Sportpalace de Berlin, tient son célèbre discourt au cours duquel il annonce la "Guerre Totale".

Des sources variés et des études réalisées après la guerre estiment le nombre de pertes de l'Axe entre 500000 et 850000 hommes (tués, blessés et prisonniers). Les 91000 captifs allemands prennent le chemin d'une longue captivité: 95% d'entre-eux ne reviendront jamais. Les derniers de 5000 prisonniers allemands capturés dans Stalingrad, dont Paulus lui-même, sont libérés et restitués à l'Allemagne de l'Ouest en 1955, soit dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale!

Selon les archives soviétiques déclassifiées et rendues accessibles après la disparition de l'URSS, l'Armée Rouge a enregistré durant cette formidable bataille, en comptant les opérations annexes (Uranus et Petite Saturne) au total 1.13 million d'hommes hors de combat, soit 478741 tués et 650878 blessés. Le nombre de pertes civiles est inconnu. En outre, les autorités soviétiques reconnaissent avoir exécuter 13500 de leurs soldats durant la bataille, pour désertion, "manque de courage" ou lâcheté devant l'ennemi, soit l'équivallent d'une division de fusiliers.

Photos ci-dessous: 1° Stalingrad immédiatement après la bataille. 2° Vue aérienne de Volgograd le 8 avril 2009. 3° Sommet de la colline Mamaïev Kourgane en août 2007.







Série documentaire "Grandes Batailles de la Seconde Guerre mondiale".

La Bataille de Stalingrad.



Article modifié le 2 février 2013.


Sources principales:
Battle of Stalingrad (Wikipedia.org)
• Antony Beevor: "Stalingrad". Editions de Fallois, Paris, 1998.

18 juin 1815 - Belgique: bataille de Waterloo

Durant la bataille de Waterloo, qui se déroula le dimanche 18 juin 1815 près de Waterloo, en Belgique, les forces du Premier Empire de Napoléon Bonaparte Ier et du Maréchal de France Michel Ney furent défaites par celles de la Septième Coalition, commandées par les maréchaux britannique Arthur Wellesley, 1er Duc de Wellington, et prussien Gebhard von Blücher. La bataille de Waterloo marqua la fin de la Campagne dite des "Cent Jours" de Bonaparte et son envoi définitif en exil, cette fois sur une petite île perdue au milieu de l'Atlantique Sud, Saint-Hélène, où il mourra le 5 mai 1821.



Campagne des Cent Jours (26 février - 8 juillet 1815).

Les "Cent Jours", marquent la période entre la fuite de Napoléon Bonaparte de l'île d'Elbe (26 février 1815), son retour en France (1er mars 1815), sa marche et son entrée triomphale dans Paris (20 mars 1815), sa campagne puis sa défaite de Waterloo (18 juin 1815), puis finalement la restauration de la monarchie du Roi Louis XVIII (8 juillet 1815), soit exactement 113 jours. Cette période est également connue sous le nom de "Guerre de la Septième Coalition". L'expression "Cent Jours" est prononcée pour la première fois par le préfet de Paris, Gaspard comte de Chabrol, dans son discours annonçant la restauration de la monarchie française.

Le 13 mars 1815, sept jours avant l'entrée de Bonaparte dans Paris, le Congrès de Vienne, qui comptait précédement les puissances en guerre contre la France, reforme une nouvelle coalition, la 7ème, qui rassemble la Grande-Bretagne, la Russie, l'Autriche et la Prusse. Les forces alliées comptent un effectif total d'environ 150000 hommes.


1° Préambule: un peu d'histoire (1799-1814).

Le 9 novembre 1799, Napoléon Bonaparte fomente un Coup d'Etat, dit du "18 Brumaire" selon le calendrier républicain, et se déclare de facto "Dictateur". C'est le début de son ascension et de la période du "Consulat", qui durera cinq ans. Le 18 mai 1804, c'est la proclamation du "Premier Empire": le 2 décembre suivant, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, Napoléon Bonaparte est sacré "Empereur" des Français sous le titre de Napoléon Ier.


En 1804, Napoléon Bonaparte, persuadé que le seul moyen d'obtenir une paix définitive est de neutraliser l'Empire Britannique, met au point, avec l'aide de l'amiral Louis de Latouche-Tréville, le plan d'invasion du Royaume-Uni et le débarquement de sa "Grande Armée" en Angleterre. Mais cet espoir est réduit à néant lorsque la flotte française de l'amiral Pierre de Villeneuve est détruite par une escadre anglaise commandée par l'amiral Horatio Nelson, dans la rade de Trafalgar au sud de l'Espagne, le 21 octobre 1805.

En 1805, les puissances alliées en guerre contre la France forment la "Troisième Coalition". L'empereur Napoléon Ier, qui supervise les préparatifs d'invasion du Royaume-Uni, doit soudain faire face à ce péril à l'autre bout de l'Europe. En un temps record pour l'époque, à marche forcée, il déplace sa Grande Armée vers l'Est, et finalement écrase l'armée austro-russe du maréchal russe Mikhail Koutouzov et du général autrichien Karl Mack à Austerlitz, le 2 décembre 1805.


En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne de Napoléon Ier est foudroyante. Il anéantit une armée prussienne, commandée par le général Frederic de Hohenlohe-Ingelfingen, à la bataille de Iéna, le 14 octobre 1806. Succès doublé d'une autre victoire française, celle du maréchal Louis Davout, à Auerstaedt où, le même jour, avec une armée deux fois moins nombreuse (28000 hommes), il écrase une seconde armée ennemie de 61000 hommes, dirigée par Frederic III de Prusse en personne.

En 1807, Napoléon Ier traverse la Pologne et se bat contre les Russes à Friedland, le 14 juin 1807. Le 25 juin 1807, il signe avec le Tzar Alexandre Ier le "Traité de Tilsit" sur les rives du fleuve Niemen: l'Europe est désormais divisée entre les deux puissances.

Du 27 septembre au 14 octobre 1808, à Erfurt, Napoléon essaie d'obtenir un nouveau traité avec la Russie, et une alliance contre l'Autriche qui menace de nouveau la France. Mais Alexandre Ier décline l'offre.

Sur mer, en réponse à la menace que les Britanniques font perser sur le commerce français, Napoléon bonaparte tente d'imposer le "Blocus Continental", qui vise à interdire le Royaume-Uni de commerce avec les autres pays européen et asphixier son économie. Le Portugal, alliée de la Grande-Bretagne, refuse d'appliquer ce blocus, et l'empereur français charche l'aide de l'Espagne pour intervenir au Portugal. L'empereur français finit par envahir l'Espagne elle-même et installe son frère Joseph Bonaparte sur son trône. Le Portugal est envahi par l'armée française, mais les trois campagnes qu'elle y mène en 1808, 1810 et 1811 ne lui permettent pas de venir à bout de la résistance anglo-portugaise.

La population espagnole finit d'ailleurs par se soulever contre l'occupation française. D'abord à Madrid, puis progressivement dans le reste du pays. L'armée française se heurte à un nouveau type de conflit, la "Guerilla", bientôt aidée par les troupes britanniques venues du Portugal, commandées par le maréchal Arthur Wellesley, 1er Duc de Wellington.


Avec l'aide des insurgés espagnols, l'armée britannique du Duc de Wellington finit par chasser les Français d'Espagne. Profitant que la majeure partie de l'Armée française soit embourbée dans la péninsule ibérique, l'Autriche attaque une nouvelle fois la France. Les Autrichiens commandés par l'Archiduc Charles-Louis battent les Français à Lobau, près de Vienne, les 21-22 mai 1809, mais ils sont ensuite défaits à la bataille de Wagram, en Allemagne, les 5-6 juillet 1809.

En 1811, le "Grand Empire" de Napoléon Ier est à l'apogée de sa puissance. Il compte 130 départements allant d'Amsterdam à Rome, et une population de 70 millions d'habitants, dont 30 millions de Français.

Carte ci-dessous: le Grand Empire français en 1811. En rouge: l'empire français. En Orange: les Etats vassaux. En Jaune: les Etats alliés de l'Empire.


Le Tzar Alexandre Ier, poussé par la noblesse russe favorable aux Britanniques, refuse de coopérer avec Napoléon Ier pour porter le coup final au Royaume-Uni. L'empereur français, croyant la guerre inévitable avec la Russie, l'envahit le 24 juin 1812. La Grande Armée, renforcée par des contingents italiens (32000), allemands (90000), autrichiens (34000), polonais (98000), ..., est devenue gigantesque: 690000 hommes.

En face, l'armée russe compte un effectif total d'environ 175000 hommes, dont 15000 Cosaques. Commandés par le maréchal Mikhail Koutouzov, les Russes reculent sans cesse devant la Grande Armée et pratiquent la stratégie de la "terre brûlée". La bataille de la Moscova, ou Bataille de Borodino, le 7 septembre 1812 près de Mojaïsk, se conclut par une victoire de Napoléon Ier, mais les pertes sont énormes des deux côtés: 35000 hommes hors de combat du côté français, 45000 du côté russe.


Le 14 septembre 1812, la Grande Armée de Napoléon fait son entrée dans Moscou, désertée par l'armée russe. Dès le lendemain, les habitants incendient leur capitale. Mais Napoléon, espérant une démarche du Tzar, s'y attarde. Lorsqu'il donne enfin l'ordre d'abandonner Moscou, le 18 octobre 1812, l'hiver est proche.

La Grande Armée entame alors une longue et douloureuse "Retraite de Russie" vers l'Ouest, à travers les régions enneigées et dévastées par la politique de la terre brûlée qu'elle a parcourut à l'aller. Le froid, la neige, la faim et la fatigue, ainsi que les innombrables embuscades tendues par les Cosaques, provoquent des pertes effroyables dans les rangs français. Des 690000 hommes des effectifs initiaux, seuls quelques milliers à peine parviennent à refranchir la Bérézina.


Encouragé par ce dramatique échec, des pays jusqu'alors neutres reprennent les hostilités contre la France. Malgré deux victoires remportées en Allemagne à Lützen, le 2 mai 1813, et à Bautzen, les 20-21 mai 1813, une partie de ses alliés se retournent contre Napoléon sur le champ de bataille même, à Leipzig.

Les 16-19 octobre 1813, la bataille de Leipzig, également appelée "Bataille des Nations", oppose 180000 Français à 300000 Alliés russes, autrichien et suédois. La défaite française subie ces jours-là est décisive, et les restes de l'armée française doivent se retirer en France. Le prince Josef Poniatowski, neveu de Stanislas II et fait Maréchal d'Empire par Napoléon, est tué en tentant de franchir la rivière Elster avec ses hommes. On enregistre au cours de cette bataille décisive 130000 hommes hors de combat: 75000 du côté français, 55000 du côté allié.

En 1814 se forment une sixième coalition entre la Grande-Bretagne, la Prusse et l'Autriche. Les Alliés envahissent la France et, malgré une série d'incroyables victoires à Champaubert (10 février 1814), Montmirail (11 février 1814), Château-Thierry (12 février 1814) et Vauchamps (14 février 1814), remportées par Napoléon Ier à la tête d'une armée de jeunes recrues inexpérimentées, les "Marie-Louise", durant la "Campagne des Six Jours", Paris tombent aux mains des Coalisés le 31 mars 1814.

Le 4 avril 1814, les maréchaux français, dirigés par Michel Ney, fomentent une mutinerie pour l'obliger à abdiquer. L'intention de l'empereur est d'abord de le faire en faveur de son fils Napoléon II, mais les Alliés exigent une abdication totale sans condition.

Le 11 avril 1814, dans son palais de Fontainebleau, il renonce aux trônes de France et d'Italie. Suivant les termes du "Traité de Fontainebleau", Napoléon Bonaparte est exilé sur l'île d'Elbe, une île de 12000 habitants où il pourra continuer d'exercer sa souveraineté, située en Mediterranée entre la Corse et l'Italie, à une vingtaine de kilomètres au large des côtes toscanes.


2° Cent-Jours: le retour de Napoléon d'exil.

Le Traité de Fontainebleau du 11 avril 1814 stipule que Napoléon Bonaparte garde son titre d'empereur, reçoit en pleine souveraineté l'île d'Elbe, ainsi qu'une rente de deux millions de francs du gouvernement français.

Le 20 avril 1814 ont lieu les "Adieux de Fontainebleau". Napoléon Bonaparte appareille de Saint-Raphael et débarque à Porteferraio le 4 mai 1814. Ce même jour, Louis XVIII fait une entrée triomphale dans Paris.

L'exil de l'empereur français sur l'île d'Elbe dure 9 mois et 21 jours. Le traité de Fontenaibleau n'est pas respecté, la rente n'est pas payée et il apprend que, au Congrès de Vienne, il est maintenant question de l'exiler aux Açores ou sur l'île de Saint-Hélène. D'autre part, son ami et confident Cipriani, envoyé à Vienne à la fin de l'année 1814, lui apprend la trahison et l'infidélité de son épouse Marie-Louise d'Autriche, Duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Il comprend aussitôt qu'il ne reverra plus son fils Napoléon II (l'Aiglon), retenu à Vienne. Pour Bonaparte, le départ est inéluctable et il tente le tout pour le tout.

Le 26 février 1815, profitant d'une absence momentanée des navires de garde alliés au large de l'île d'Elbe, il s'embarque à Portoferraio avec 600 hommes de troupe et débarque trois jours plus tard, le 1er mars 1815, à Vallauris dans le Golfe-Juan, près d'Antibes, en région PACA. Son retour en France s'effectue en plein jour, au vu et au su de tous, et excepté des Royalistes provençaux, il reçoit partout un accueil triomphal.


Pour éviter tout problème inutile avec les Royalistes, Napoléon Bonaparte décide d'emprunter une route peu fréquentée passant aux pieds des Alpes, sur l'axe Canne-Digne-Sisteron-Gap-Grenoble. C'est la célèbre "Route Napoléon", aujourd'hui une section de la Route Nationale RN85, longue de 325km.

Au fur et à mesure de sa progression, des unités militaires complètes se rallient à lui. C'est le cas le 5 mars 1815, à Gap, avec le 5ème Régiment d'infanterie. Et le lendemain, du 7ème Régiment d'infanterie, commandé par le colonel Charles Huchet de la Bedoyère, qui sera d'ailleurs condamné pour trahison et exécuté par les Royalistes après les Cent-Jours.

A Lyon, lorsque des troupes royalistes sont déployées pour stopper la marche de Napoléon, celui-ci se place à la tête de son groupe et les apostrophe: "Si l'un d'entre-vous veut tirer sur son Empereur, alors qu'il le fasse maintenant!". Ces troupes le rejoignent en masse.

Le 7 mars 1815, Napoléon entre dans Grenoble. Quarante-huit heures plus tard, il est à Rives. Le 10 mars 1815, l'empereur français fait une entrée triomphale à Lyon, et y reste jusqu'au 13 mars 1815. Son armée croit en effectif de jour de jour en jour. Le 20 mars 1815, c'est la fin de son extraordinaire et incroyable périple: il entre dans Paris.



3° Mobilisation française durant les Cent-Jours.

Les semaines suivantes, Napoléon Bonaparte s'efforce de recréer sa "Grande Armée". A la fin du mois de mai 1815, il a réussit à rassembler une force impressionnante, désignée "Armée du Nord", et comprenant un effectif de 198000 hommes, dont 66000 sont encore en période d'instruction et non déployables.

Il répartit sa principale force de bataille (130000 hommes) de la manière suivante...


Armée du Nord. Commandant en Chef: Napoléon Bonaparte.
Chef d'Etat-Major: général Jean-de-Dieu Soult.


Aile Gauche de l'Armée du Nord. Maréchal Michel Ney. 44199 hommes.

• 1er Corps. Jean-Baptiste Drouet, Comte d'Erlon. 19484 hommes.

- 1ère Division d'Infanterie (Baron Joachim Jerome Quiot du Passage). 4182 hommes.
28ème, 54ème, 55ème et 105ème Régiments de Ligne.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 191 hommes.

- 2ème Division d'Infanterie (Baron Francois-Xavier Donzelot). 5317 hommes.
17ème, 19ème et 51ème Régiments de Ligne.
13ème Régiment d'infanterie légère.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 185 hommes.

- 3ème Division d'Infanterie (Baron Pierre-Louis Binet de Marcognet). 4081 hommes.
21ème, 25ème, 45ème et 46ème Régiments de Ligne.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 179 hommes.

- 4ème Division d'Infanterie (Comte Pierre-François Joseph Durutte). 4037 hommes.
8ème, 29ème, 85ème et 95ème Régiments de Ligne.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 177 hommes.

- 1ère Division de Cavalerie (Baron Charles-Claude Jaquinot). 1661 hommes.
3ème Régiment de Chasseurs à Cheval.
3ème et 4ème Régiments de Lanciers Légers.
7ème Régiment de Hussards.
Artillerie divisionnaire: 6 canons, 177 hommes.

- Réserve d'artillerie (Jean-Charles Desales). 8 canons, 206 hommes.


• 2ème Corps. Général Comte Honoré Reille. 24715 hommes.

- 5ème Division d'Infanterie (Baron Gilbert Désiré Bachelu). 4290 hommes.
3ème, 61ème, 72ème et 108ème Régiments de Ligne.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 187 hommes.

- 6ème Division d'Infanterie (Prince Jerôme Bonaparte). 8019 hommes.
1er et 2ème Régiments de Ligne.
1er et 2ème Régiments d'Infanterie Légère.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 200 hommes.

- 7ème Division d'Infanterie (Baron Jean-Baptiste Girard). 4678 hommes.
4ème et 82ème Régiments de Ligne.
11ème et 12ème Régiments d'Infanterie Légère.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 180 hommes.

- 9ème Division d'Infanterie (Comte Maximilian Foy). 5493 hommes.
92ème, 93ème et 100ème Régiments de Ligne.
4ème Régiments d'Infanterie Légère.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 187 hommes.

- 2ème Division de Cavalerie (Baron Hippolyte Piré). 2025 hommes.
1er et 6ème Régiments de Chasseurs à Cheval.
5ème et 6ème Régiments de Lanciers Légers.
Artillerie divisionnaire: 6 canons, 163 hommes.

- Réserve d'artillerie (Baron Jean Baptiste Pelletier). 8 canons, 210 hommes.


Aile Droite de l'Armée du Nord. Maréchal Marquis Emmanuel de Grouchy. 32112 hommes.

• 3ème Corps. Général Dominique Vandamme. 17099 hommes.

- 8ème Division d'Infanterie (Baron Etienne-Nicolas Lefol). 5245 hommes.
23ème, 37ème et 64ème Régiments de Ligne.
15ème Régiment d'Infanterie Légère.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 186 hommes.

- 10ème Division d'Infanterie (Baron Pierre-Joseph Habert). 5771 hommes.
22ème, 34ème, 70ème et 88ème Régiments de Ligne.
2ème Régiment d'Infanterie Etrangère [Suisse].
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 187 hommes.

- 11ème Division d'Infanterie (Baron Pierre Berthezène). 4734 hommes.
12ème, 33ème, 56ème et 86ème Régiments de Ligne.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 196 hommes.

- 3ème Division de Cavalerie (Baron Jean-Simon Domon). 1197 hommes.
4ème, 9ème et 12ème Régiments de Chasseurs à Cheval.
Artillerie divisionnaire: 6 canons, 180 hommes.


• 4ème Corps. Général Maurice-Etienne Gerard. 15013 hommes.

- 12ème Division d'Infanterie (Baron Marc-Nicolas Pêcheux). 4346 hommes.
30ème, 63ème et 96ème Régiments de Ligne.
6ème Régiment d'Infanterie Légère.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 202 hommes.

- 13ème Division d'Infanterie (Baron Louis-Joseph Vichery). 4153 hommes.
48ème, 59ème, 69ème et 76ème Régiments de Ligne.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 197 hommes.

- 14ème Division d'Infanterie (Comte Louis de Bourmont). 4570 hommes.
44ème, 50ème et 111ème Régiments de Ligne.
9ème Régiment d'Infanterie Légère.
Artillerie divisionnaire: 8 canons, 358 hommes.

- 6ème Division de Cavalerie (Baron Antoine Maurin). 1549 hommes.
8ème Régiment de Chasseurs à Cheval.
6ème Régiment de Hussards.
6ème et 16ème Régiments de Dragons.
Artillerie divisionnaire: 6 canons, 173 hommes.

- Réserve d'artillerie (Baltus de Pouilly). 8 canons. 395 hommes.




Waterloo, morne plaine: la bataille (18 juin 1815).



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1er-3 juillet 1863 - Pennsylvanie: la bataille de Gettysburg


La bataille de Gettysburg, qui se déroule du 1er au 3 juillet 1863 en Pennsylvanie, est la plus grande et la plus sanglante bataille de la Guerre de Sécession. Au cours de ces trois jours décisifs, 52,000 Américains, Nordistes et Sudistes, sont tués ou blessés. C'est-à-dire davantage que le nombre de tués américains au combat (46,000) enregistré durant toute la guerre du Vietnam (1964-1973). La victoire de l'Union, qui n'a connu jusqu'alors que des défaites, marque le déclin du Sud et un tournant décisif de ce conflit fratricide. Mais il faudra encore deux ans de durs combats et de sacrifices pour que la Confédération admette sa défaite et dépose les armes à Appomatox, en Virginie.



Offensive de Lee dans le Maryland et en Pennsylvanie (3-30 juin 1863).

La campagne du Maryland et de Pennsylvanie, appelée également "Campagne de Gettysburg", est une série d'affrontements et de batailles opposant l'Armée confédérée de la Virginie du Nord, commandée par le général Robert E. Lee, à l'Armée nordiste du Potomac, commandée par le major-général Joseph Hooker puis, à partir du 28 juin, par le major-général George G. Meade. Cette campagne se déroule du 3 juin au 3 juillet 1863. Elle se conclut par la victoire de Meade à Gettysburg (3 juillet 1863) et la retraite de Lee en Virginie (4-14 juillet 1863).


Du 30 avril au 6 mai 1863, c'est la bataille de Chancellorsville, près de Spotsylvania Courthouse, en Virginie. L'Armée nordiste du Potomac du major-général Joseph Hooker, comptant un effectif de 133,868 hommes, se mesure à l'Armée confédérée du général Robert E. Lee, deux fois moins nombreuse: 60,892 hommes.

En dépit de cette infériorité numérique, Lee inflige une sévère correction à l'armée nordiste, mais perd environ le cinquième de ses effectifs et un de ses meilleurs généraux, Thomas "Stonewall" Jackson, victime d'un tir accidentel d'une sentinelle sudiste. Les pertes sont lourdes des deux côtés. Les Sudistes enregistrent 13,303 hommes hors de combat, soit 1,665 tués, 9,081 blessés et 2,018 disparus/prisonniers. Les Nordistes, 17,197 hommes: 1,606 tués, 9,672 blessés et 5,919 disparus/prisonniers.


A Washington, le président Abraham Lincoln est attéré par cette nouvelle défaite de l'Union. Il relève Hooker de son commandement pour incompétence et le remplace le 28 juin 1863 par le major-général George G. Meade, un west-pointer vétéran des guerres indiennes et de la guerre contre le Mexique, qui a fait ses classes avec Robert Lee.

Lee, de son côté, exalté par sa victoire de Chancellorsville, décide d'envahir la Pennsylvanie. Le 3 juin 1863, l'Armée de la Virginie du Nord, forte de 75,000 hommes, s'ébranle en suivant la vallée de la Shenandoah, un affluent du Potomac. Son plan est de s'avancer en territoire ennemi vers le Nord, pour contourner l'Armée du Potomac et la prendre à revers, menaçant du même coup Washington, Baltimore et Philadelphie.

L'Armée nordiste du Potomac poursuit les troupes de Lee. Le 9 juin 1863, à Brandy Station, près de Culpeper, c'est le plus grand affrontement de cavalerie de la guerre de Sécession: les 9,500 Sudistes de James E.B. "Jeb" Stuart affrontent les 11,000 Nordistes d'Alfred Pleasonton. Le résultat de cette bataille est incertain.

Photo ci-dessous: reconstitution de la cavalerie sudiste de Jeb Stuart à Brandy Station, en 2008:


L'Armée confédérée traverse ensuite les Blue Ridge Mountains et capture la garnison fédérale de Winchester, en Virginie, entre le 13 et le 15 juin.

Le II Corps de Lee, commandé par le lieutenant-général Richard S. Ewell, après avoir traversé le Potomac, avance à travers le Maryland, atteignant la rivière Susquehanna et menaçant la capitale de l'Etat, Harrisburg. L'Armée nordiste du Potomac, à la poursuite des Confédérés mais mal renseignée, avance parallèlement à l'armée de Lee et atteint la ville de Frederick le 28 juin.

Le lendemain 29 juin, quand Lee apprend la présence de l'armée nordiste à Frederick, il décide de regrouper ses forces autour de Cashtown, 13km à l'ouest de Gettysburg. Le nouveau commandant de l'Armée du Potomac, Meade, détache la division de cavalerie du général John Buford vers le nord. Celle-ci atteint Gettysburg le 30 juin. Mais les corps d'infanterie de John F. Reynolds et d'Oliver O. Howard qui suivent s'étalent sur plusieurs colonnes de 20km de long.

A Cashtown, Lee détache du III Corps, commandé par lieutenant-général Ambrose P. Hill, la brigade d'infanterie du brigadier-général James J. Pettigrew vers Gettysburg. Dans les mémoires du major-général Henry Heth, le commandant de division de Pettigrew, il indique avoir envoyé son subordonné à la recherche de magazins d'approvisionnement dans la ville, et spéciallement d'un stocks de 20,000 paires de chaussures.

Le 30 juin 1863, lorsque la brigade Pettigrew approche de Gettysburg par l'ouest, il se heurte à l'arrivée de la cavalerie nordiste de Buford, puis se retire vers Cashtown sans engager le combat. Lorsque Pettigrew signale à Heth et Hill la présence de troupes nordiste à Gettysburg, ceux-ci pensent qu'il ne s'agit que de la milice locale de Pennsylvanie.

En dépit de l'ordre de Lee d'éviter tout affrontement avant que celui-ci n'ait regroupé toutes ses troupes, Hill décide d'envoyer le lendemain matin son III Corps effectuer une reconnaissance en force pour déterminer la nature et les effectifs de l'ennemi.


Ordre de bataille de l'Union (1er juillet 1863).

Lexique.
MG: Major-Général.
BG: Brigadier-Général.
Col: Colonel
LTC: Lieutenant-Colonel.
Maj: Major.
Capt: Capitaine.
Lt: Lieutenant.
Dr: Docteur.
K: Tué (Killed).
W: Blessé (Wounded).

Armée nordiste du Potomac. MG George G. Meade. 358 canons. 92,927 hommes.
Etat-Major et QG:

• Chef d'Etat-Major: MG Daniel Butterfield.
• Commandant de l'artillerie: BG Henry J. Hunt.
• Chef Quartier-Maitre: BG Rufus Ingalls.
• Chef des Services de santé: DR Jonathan Letterman.
• Chef des Transmissions: Capt Lemuel B. Norton.
• Chef Prévauté: BG Marsena R. Patrick (1528 hommes).
• Chef ingénieur: BG Gouverneur K. Warren.
• Brigade du génie. BG Henry W. Benham.

Unités QG: 93ème Régiment d'infanterie de New York. 371 hommes.
8ème Régiment, huit companies. 401 hommes.
2ème Régiment de cavalerie de Pennsylvanie. 489 hommes.
6ème Régiment de cavalerie de Pennsylvanie, compagnies E et I.


I Corps. MG John F. Reynolds (K) puis MG Abner Doubleday. 28 canons. 12,222 hommes.
Unité QG: 1er Régiment de cavalerie du Maine, compagnie L. 57 hommes.

- Brigade d'artillerie de Corps. Colonel Charles S. Wainwright. 28 canons, 596 hommes.

• 1ère Division. BG James S. Wadsworth. 3,357 hommes.
- 1ère Iron Brigade. BG Solomon Meredith (W) puis colonel William W. Robinson. 1,829 hommes.
- 2ème Brigade. BG Lysander Cutler. 2,017 hommes.

• 2ème Division. BG John C. Robinson. 2,997 hommes.
- 1ère Brigade. BG Gabriel R. Paul (W) puis colonel Samuel H. Leonard. 1,537 hommes.
- 2ème Brigade. BG Henry Baxter. 1,452 hommes.

• 3ème Division. MG Abner Doubleday puis BG Thomas A. Rowley. 4,701 hommes.
- 1ère Brigade. Col Chapman Biddle. 1,361 hommes.
- 2ème Pennsylvania Bucktail Brigade. Colonel Roy Stone (W) puis colonel Langhorne Wister. 1,317 hommes.
- 3ème Paper Collar Brigade. BG George J. Stannard (W) puis colonel Francis V. Randall. 1,950 hommes.


II Corps. MG Winfield S. Hancock. 28 canons. 11,347 hommes.
Unités QG: 6ème Régiment de cavalerie de New York, compagnies D et K. 64 hommes.
17ème Régiment de cavalerie de Pennsylvanie, compagnies E et H. 100 hommes.

- Brigade d'artillerie de Corps. Capt. John G. Hazard. 28 canons, 605 hommes.

• 1ère Division. BG John C. Caldwell. 3,320 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Edward E. Cross (W) puis Colonel H. Boyd McKeen. 853 hommes.
- 2ème Irish Brigade. Colonel Patrick Kelly. 532 hommes.
- 3ème Brigade. BG Samuel K. Zook (W) puis LTC John Fraser. 978 hommes.
- 4ème Brigade. Colonel John R. Brooke. 851 hommes.

• 2ème Division. BG John Gibbon (W) puis BG William Harrow. 3,608 hommes.
- 1ère Brigade. BG William Harrow puis colonel Francis E. Heath. 1,366 hommes.
- 2ème Philadelphia Brigade. BG Alexander S. Webb. 1,224 hommes.
- 3ème Brigade. Colonel Norman J. Hall. 922 hommes.

• 3ème Division. BG Alexander Hays. 3,644 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Samuel S. Carroll. 942 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Thomas A. Smyth (W) puis LTC Francis E. Pierce. 1,103 hommes.
- 3ème Brigade. Colonel George L. Willard (K) puis LTC James M. Bull. 1,508 hommes.


III Corps. MG Daniel E. Sickle (W) puis MG David B. Birney. 30 canons. 10,675 hommes.

- Brigade d'artillerie de Corps. Capt George E. Randolph (W) puis Capt A Judson Clark. 30 canons, 596 hommes.

• 1ère Division. MG David B. Birney puis BG John H.H. Ward. 5,095 hommes.
- 1ère Brigade. BG Charles K. Graham (W) puis colonel Andrew H. Tippin. 1,516 hommes.
- 2ème Brigade. BG John H.H. Ward puis colonel Hiram Berdan. 2,188 hommes.
- 3ème Brigade. Colonel Philippe Régis de Trobriand. 1,387 hommes.

• 2ème Division. BG Andrew A. Humphreys. 4,924 hommes.
- 1ère Brigade. BG Joseph B. Carr. 1,718 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel William R. Brewster. 1,837 hommes.
- 3ème Brigade. Colonel George C. Beirling. 1,365 hommes.


V Corps. MG George Sykes. 26 canons. 10907 hommes.
Unités QG: 12ème Régt d'infanterie de New York, compagnie D et E. 109 hommes.
7ème Régiment de cavalerie de Pennsylvanie, compagnies D et H. 78 hommes.

- Brigade d'artillerie de Corps. Capt Augustus P. Martin. 26 canons, 432 hommes.

• 1ère Division. BG James Barnes. 3,417 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel William S. Tilton. 655 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Jacob B. Sweitzer. 1,422 hommes.
- 3ème Brigade. Colonel Strong Vincent (K) puis colonel James C. Rice. 1,360 hommes.

• 2ème Division. BG Romeyn B. Ayres. 4,021 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Hannibal Day. 1,574 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Sidney Burbank. 958 hommes.
- 3ème Brigade. BG Stephen H. Weed (K) puis colonel Kenner Garrard. 1,484 hommes.

• 3ème Division. BG Samuel W. Crawford. 2,853 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel William McCandless. 1,243 hommes.
- 3ème Brigade. Colonel Joseph W. Fisher. 1,605 hommes.


VI Corps. MG John Sedwick. 46 canons. 13,577 hommes.
Unités QG: 1er Régiment de cavalerie du New Jersey, compagnie L. 38 hommes.
1er Régiment de cavalerie de Pennsylvanie, compagnie H. 54 hommes.

- Brigade d'artillerie de Corps. Colonel Charles H. Tompkins. 46 canons, 937 hommes.

• 1ère Division. BG Horatio G. Wright. 4,207 hommes.
- 1ère Brigade. BG Alfred T.A. Torbert. 1,319 hommes.
- 2ème Brigade. BG Joseph J. Bartlett. 1,322 hommes.
- 3ème Brigade. BG David A. Russell. 1,480 hommes.

• 2ème Division. BG Albion P. Howe. 3,603 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Lewis A. Grant. 1,827 hommes.
- 3ème Brigade. BG Thomas H. Neil. 1,773 hommes.

• 3ème Division. MG John Newton puis BG Frank Wheaton. 4,731 hommes.
- 1ère Brigade. BG Alexander Shaler. 1,766 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Henry L. Eustis. 1,591 hommes.
- 3ème Brigade. BG Frank Wheaton puis colonel David J. Nevin. 1,368 hommes.


XI Corps. MG Oliver O. Howard puis MG Carl Schurz. 24 canons. 9,054 hommes.
Unités QG: 1er Régiment de cavalerie de l'Indiana, compagnies I et K. 50 hommes.
8ème Régiment d'infanterie de New York, une compagnie. 40 hommes.
17ème Régiment de cavalerie de Pennsylvanie, compagnie K. 36 hommes.

- Brigade d'artillerie de Corps. Major Thomas W. Osborn. 24 canons, 604 hommes.

• 1ère Division. BG Francis C. Barlow (W) puis BG Adelbert Ames. 2,459 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Leopold von Gilza. 1,118 hommes.
- 2ème Brigade. BG Adelbert Ames puis colonel Andrew L. Harris. 1,337 hommes.

• 2ème Division. BG Adolph von Steinwehr. 2,775 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Charles R. Coster. 1,156 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Orland Smith. 1,614 hommes.

• 3ème Division. MG Carl Schurz. 3,079 hommes.
- 1ère Brigade. BG Alex Schimmelfenning. 1,670 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Wladimir Krzyzanowski. 1,403 hommes.


XII Corps. MG Henry W. Slocum. 20 canons. 9,788 hommes.
Unités QG: 10ème Régiment d'infanterie du Maine, quatre compagnies. 169 hommes.

- Brigade d'artillerie de Corps. Lieutenant Edward D. Muhlenberg. 20 canons, 391 hommes.

• 1ère Division. BG Alpheus S. Williams. 5,256 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Archibald L. McDougall. 1,835 hommes.
- 2ème Brigade. BG Henry H. Lockwood. 1,818 hommes.
- 3ème Brigade. BG Thomas H. Ruger. 1,598 hommes.

• 2ème Division. BG John W. Geary. 3,964 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Charles Candy. 1,798 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel George A. Cobham, Jr. 700 hommes.
- 3ème Brigade. BG George S. Greene. 1,424 hommes.


Corps de cavalerie. MG Alfred Pleasonton. 46 canons. 11,578 hommes.

- 1ère Brigade d'artillerie de Corps. Capitaine James M. Robertson. 28 canons, 492 hommes.
- 2ème Brigade d'artillerie de Corps. Capitaine John C. Tidball. 16 canons, 272 hommes.

• 1ère Division de cavalerie. BG John Buford. 4,021 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel William Gamble. 1,596 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel Thomas C. Devin. 1,108 hommes.
- 3ème Brigade. BG Wesley Merritt. 1,317 hommes.

• 2ème Division de cavalerie. BG David M. Gregg. 2 canons. 2,664 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel John B. McIntosh. 2 canons. 1,561 hommes.
- 3ème Brigade. Colonel John I. Gregg. 1,263 hommes.

• 3ème Division de cavalerie. BG Judson Kilpatrick. 3,902 hommes.
- 1ère Brigade. BG Elon J. Farnsworth (K) puis colonel Nathaniel P. Richmond. 1,925 hommes.
- 2ème Michigan Brigade. BG George A. Custer. 1,934 hommes.

http://gburginfo.brinkster.net/unionorderofbattle.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Gettysburg_Union_order_of_battle



Ordre de bataille de la Confédération (1er-3 juillet 1863).

Lexique.
MG: Major-Général.
BG: Brigadier-Général.
Col: Colonel
LTC: Lieutenant-Colonel.
Maj: Major.
Capt: Capitaine.
Lt: Lieutenant.
Dr: Docteur.
K: Tué (Killed).
W: Blessé (Wounded).
C: Capturé.

Armée confédérée de la Virginie du Nord. Général Robert E. Lee.
Etat-major et QG:

• Chef d'Etat-Major: colonel Robert H. Chilton.
• Commandant de l'artillerie: BG William N. Pendleton.
• Chef Quartier-maître: LTC James L. Corley.
• Chef des services de santé: Dr Lafayette Guild.
• Chef ingénieur: colonel William P. Smith.

Unités QG: 39ème Bataillon de cavalerie de Virginie, compagnie C. 43 hommes.


I Corps. LTG James Longstreet. 85 canons. 20,811 hommes.

• Division McLaws. MG Lafayette McLaws. 15 canons. 6,924 hommes.
- Brigade Kershaw. BG Joseph B. Kershaw. 2,183 hommes.
- Brigade Semmes. BG Paul J. Semmes (W) puis colonel Goode Bryan. 1,334 hommes.
- Brigade Barksdale. BG William Barksdale (W) puis colonel Benjamin G. Humphreys. 1,620 hommes.
- Brigade Wofford. BG William T. Wofford. 1,398 hommes.
- Artillerie divisionnaire. Colonel Henry C. Cabell. 15 canons. 378 hommes.

• Division Pickett. MG George E. Pickett. 17 canons. 5,578 hommes.
- Brigade Garnett. BG Richard B. Garnett (K) puis major Charles S. Peyton. 1,459 hommes.
- Brigade Kemper. BG James L. Kemper (W) puis colonel Joseph Mayo, Jr. 1,634 hommes.
- Brigade Armistead. BG Lewis A. Armistead (K) puis major Joseph R. Cabell. 2,055 hommes.
- Artillerie divisionnaire. Major James Dearing. 17 canons. 419 hommes.

• Division Hood. MG John B. Hood (W) puis BG Evander M. Law. 19 canons. 7,375 hommes.
- Brigade Law. BG Evander M. Law puis colonel James L. Sheffield. 1,933 hommes.
- Brigade Robertson. BG Jerome B. Robertson (W). 1,734 hommes.
- Brigade Anderson. BG George T. Anderson (W) puis LTC William Luffman (W). 1,874 hommes.
- Brigade Benning. BG Henry L. Benning. 1,420 hommes.
- Artillerie divisionnaire. Maj Mathias W. Henry. 19 canons. 403 hommes.

• Réserve d'artillerie. Colonel James B. Walton. 34 canons. 918 hommes.
- Bataillon d'artillerie Alexander. Colonel Edward P. Alexander. 24 canons. 576 hommes.
- Bataillon d'artillerie Washington de Louisiane. Major Benjamin F. Eshleman. 10 canons. 338 hommes.


II Corps. LTG Richard S. Ewell. 78 canons. 20,572 hommes.
Unité QG: cavalerie de Virginie, compagnie Randolph. 31 hommes.

• Division Early. MG Jubal A. Early. 16 canons. 5,460 hommes.
- Brigade Hays. BG Harry T. Hays. 1,295 hommes.
- Brigade Smith. BG William "Extra Billy" Smith. 806 hommes.
- Brigade Hoke. Colonel Isaac E. Avery (K) puis colonel Archibald C. Godwin. 1,244 hommes.
- Brigade Gordon. BG John B. Gordon. 1,813 hommes.
- Artillerie divisionnaire. LTC Hilary P. Jones. 16 canons. 290 hommes.

• Division Johnson. MG Edward "Allegheny" Johnson. 16 canons. 6,433 hommes.
- Brigade Steuart. BG George H. Steuart. 2,121 hommes.
- Brigade Stonewall. BG James A. Walker. 1,323 hommes.
- Brigade Nicholls "Louisiana Tigers". Colonel Jesse M. Williams. 1,104 hommes.
- Brigade Jones. BG John M. Jones (W) puis LTC Robert H. Dungan. 1,520 hommes.
- Artillerie divisionnaire. Major Joseph W. Latimer (K) puis capitaine Charles I. Raine. 16 canons. 356 hommes.

• Division Rodes. MG Robert E. Rodes. 16 canons. 7,986 hommes.
- Brigade Daniel. BG Junius Daniel. 2,162 hommes.
- Brigade Doles. BG George P. Doles. 1,323 hommes.
- Brigade Iverson. BG Alfred Iverson, Jr. 1,384 hommes.
- Brigade Ramseur. BG Stephen D. Ramseur. 1,027 hommes.
- Brigade O'Neal. Colonel Edward A. O'Neal. 1,688 hommes.
- Artillerie divisionnaire. LTC Thomas H. Carter. 16 canons. 385 hommes.

• Réserve d'artillerie. Colonel John T. Brown. 30 canons. 648 hommes.
- 1er Bataillon d'artillerie de Virginie. Capitaine Willis J. Dance. 20 canons. 367 hommes.
- Bataillon d'artillerie Nelson. LTC William Nelson. 10 canons. 277 hommes.


III Corps. LTG Ambrose P. Hill. 82 canons. 22,083 hommes.

• Division Heth. MG Henry "Harry" Heth (W) puis BG James J. Pettigrew (W). 15 canons. 7,461 hommes.
- 1ère Brigade. BG James J. Pettigrew (W) puis colonel James K. Marshall (K). 2,584 hommes.
- 2ème Brigade. Colonel John M. Brockenbrough. 971 hommes.
- 3ème Brigade. BG James J. Archer (C) puis LTC Samuel G. Shepard. 1,197 hommes.
- 4ème Brigade. BG Joseph R. Davis. 2,305 hommes.
- Artillerie divisionnaire. LTC John J. Garnett. 15 canons. 396 hommes.

• Division Pender. MG William D. Pender (K) puis MG Isaac R. Trimble (W). 16 canons. 6,735 hommes.
- 1ère Brigade. Colonel Abner M. Perrin. 1,882 hommes.
- 2ème Brigade. BG James H. Lanes puis colonel Clark M. Avery. 1,734 hommes.
- 3ème Brigade. BG Edward L. Thomas. 1,326 hommes.
- 4ème Brigade. BG Alfred M. Scales (W) puis colonel William L.J. Lowrance (W). 1,405 hommes.
- Artillerie divisionnaire. Major William T. Poague. 16 canons. 377 hommes.

• Division Anderson. MG Richard H. Anderson (W). 15 canons. 7,135 hommes.
- Brigade Wilcox. BG Cadmus M. Wilcox. 1,726 hommes.
- Brigade Wright. BG Ambrose R. Wright. 1,413 hommes.
- Brigade Mahone. BG William "Little Billy" Mahone. 1,542 hommes.
- Brigade Florida Perry. Colonel David Lang. 742 hommes.
- Brigade Posey. BG Carnot Posey (W). 1,322 hommes.
- Artillerie divisionnaire. 11ème Bn d'artillerie de Géorgie. Major John Lane. 15 canons. 384 hommes.

• Réserve d'artillerie. Colonel Reuben L. Walker. 36 canons. 736 hommes.
- Bataillon d'artillerie McIntosh. Major David G. McIntosh. 16 canons. 357 hommes.
- Bataillon d'artillerie Pegram. Major William J. Pegram. 20 canons. 375 hommes.


Division de cavalerie Stuart. MG James E.B. "Jeb" Stuart. 17 canons. 6,389 hommes.
- Brigade de cavalerie Hampton. BG Wade Hampton (W) puis colonel Laurence S. Baker. 1,751 hommes.
- Brigade de cavalerie Fitz Lee. BG Fitzhurg "Fitz" Lee. 1,913 hommes.
- Brigade de cavalerie Jenkins. BG Albert G. Jenkins (W) puis colonel J. Fergusson. 2 canons. 1,126 hommes.
- Brigade de cavalerie W.H.F. Lee. Colonel John R. Chambliss, Jr. 1,173 hommes.
- Bataillon d'artillerie Stuart. Major Robert F. Beckham. 15 canons. 406 hommes.

http://gburginfo.brinkster.net/confedorderofbattle.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Gettysburg_Confederate_order_of_battle



Déroulement de la bataille de Gettysburg.

1° Premier jour: 1er juillet 1863.

La 1ère Division de cavalerie nordiste de John Buford (2,748 hommes) est arrivé la veille du sud et organisé des positions défensives sur trois collines à l'ouest de Gettysburg: Herr Ridge, McPherson Ridge et Seminary Rigde, en attente de l'infanterie du I Corps de Reynolds qui doit occuper les hauteurs au sud de la ville: Cemetery Ridge, Cemetery Hill et Culp's Hill. Ce sont des positions stratégiques, et Buford a compris que si les Confédérés s'en emparent, l'armée de Meade aura d'énormes difficultés pour les en déloger.

Ce sont des positions avantageuses pour une action retardatrice d'une unité de cavalerie contre l'infanterie confédérée très supérieure en nombre. La 1ère Division de Heth arrive de l'ouest avec deux brigades de front commandés par les brigadiers-généraux James J. Archer et Joseph R. Davis.

A 7h30 du matin, l'infanterie sudiste de Heth se heurte à des avant-postes de chaque côté de Chambersburg Pike ("Route de Chambersburg"), environ 5km à l'ouest de Gettysburg, les "Vedettes". Le lieutenant Marcellus Jones tire le premier coup de feu de la bataille. Plus tard, les fantassins de Heth atteignent les positions des cavaliers de la Brigade du colonel William Gamble, qui ont mis pied à terre.


A 10h20, les Confédérés repoussent les cavaliers de Gamble à l'est de McPherson Ridge ("Colline McPherson"), lorsque les avant-gardes d'infanterie du I Corps commandé par le major-général John F. Reynolds arrivent finalement en renfort.

Au nord de la hauteur, le long du voie ferrée inachevée, la brigade sudiste de Davis marque un succès temporaire contre les positions du brigadier-général Lysander Cutler, mais elle est ensuite repoussée avec de lourdes pertes. Au sud, la brigade Archer donne l'assaut contre la Brigade de Fer de Solomon Meredith à travers McPherson Woods ("Bois de McPherson"). Mais les Nordistes brisent l'assaut ennemi et capturent plusieurs centaines de prisonniers, y compris Archer lui-même.

Reynolds, qui supervise en personne la mise en place de ses troupes et de ses batteries d'artillerie à l'est de Seminary Woods ("Bois du Séminaire"), est tué au début de cet affrontement. Le major-général Abner Doubleday le remplace et assume désormais le commandement du I Corps nordiste.

Les combats autour de Chambersburg Pike ("Route de Chambersburg") se poursuivent jusqu'à 12h30, marquent une interruption pendant deux heures, puis reprennent à 14h30 quand la Division Heth en entier, avec ses quatre brigades, est engagée dans la bataille.

La Brigade de Fer nordiste, inférieure en nombre, est submergée et repoussée des bois de Seminary Ridge ("Colline du Séminaire"). Les unités du I Corps nordiste de Doubleday sont progressivement refoulé à travers les rues de Gettysburg.

Pendant ces combats à l'ouest de la ville, deux autres divisions sudistes du II Corps du lieutenant-général Richard S. Ewell s'approchent par le nord le long des routes de Carlisle et d'Harrisburg, simultanément au XI Corps nordiste du major-général Oliver O. Howard arrivant du sud et du sud-est par les Routes de Taneytown et de Baltimore.

En fin de matinée, la ligne de défense de l'Armée fédérale forme désormais un demi-cercle couvrant l'ouest, le nord et le nord-est de Gettysburg. Mais ce sont des positions fragiles, car les Nordistes n'ont pas encore assez de troupes pour tout couvrir. La brigade de Cutler, qui est déployée au nord de Chambersburg Pike, a son flanc droit totalement exposé. La division sur le flanc gauche du XI Corps de Howard est incapable de se déployer à temps pour renforcer la ligne de défense fédérale, alors Doubleday est forcé de jeter dans la bataille ses forces de réserve pour combler le trou.

Aux environs de 14h, deux divisions sudistes du II Corps, commandées par les majors-généraux Jubal Early et Robert E. Rodes, donnent l'assaut aux positions des I et XI Corps nordistes, au nord et au nord-ouest de Gettysburg. Les brigades du colonel Edward A. O'Neal et du brigadier-général Alfred Iverson subissent de lourdes pertes face à la division nordiste du brigadier-général John C. Robinson, du I Corps, au sud de Oak Hill.

La division de Jubal Early profite d'une gaffe du brigadier-général Francis E. Barlow, là où sa 1ère Division du XI Corps forme en saillant, pour enfoncer le front nordiste jusqu'à Blocher Knoll (aujourd'hui Barlow's Knoll), menaçant de débordement tout le flanc droit de l'armée de l'Union. Au cours de cette attaque, Barlow est blessé et capturé.

Les positions nordistes menacées d'effondrement complet au nord et à l'ouest de Gettysburg, en fin d'après-midi, le major-général Oliver O. Howard ordonne une retraite générale de l'armée nordiste au sud de la ville, jusqu'à une position en hauteur plus favorable à une défense, où la division du brigadier-général Adolph von Steinwehr a été placée en réserve: Cemetery Hill ("Colline du Cimetière").


Le major-général Winfield S. Hancock, commandant du II Corps nordiste, envoyé par Meade pour le représenter, assume désormais le commandement du champ de bataille et réorganise son dispositif de défense en forme de fer-à-cheval sur Cemetery Hill.

Robert E. Lee a compris le rôle capital que représentait le contrôle de cette hauteur stratégique dominant tout le champ de bataille. Il ordonne au lieutenant-général Richard S. Ewell, commandant du II Corps sudiste, de s'emparer de Cemetery Hill "si faisable". Ewell, qui a précédemment servi sous le commandement de "Stonewall" Jackson, reputé pour publier des ordres péremptoires, estime de son côté qu'il est trop tard et décide d'attendre le lendemain pour attaquer, laissant ainsi à l'Union un répit inespéré pour réorganiser ses lignes de défense pendant la nuit. Cette décision s'avère être une formidable occasion manquée de remporter la bataille et sera lourde de conséquences par la suite.

Ce 1er juillet 1863, un quart de l'Armée du Potomac de Meade (22,000 hommes) et un tier de l'Armée de la Virginie du Nord de Lee (27000 hommes) ont été engagés dans la bataille. Les pertes sont estimés à 9,000 tués, blessés et disparus/prisonniers du côté nordiste, 6,000 du côté sudistes.



2° Second jour: 2 juillet 1863.

Dans la nuit du 1er au 2 juillet et la matinée suivante, la plus grande partie des deux armées arrive sur le champs de bataille, dont les II, III, V, VI et XII Corps nordistes. La 3ème Division du I Corps sudiste du lieutenant-général James Longstreet, commandée par le major-général George Pickett, arrive parmi les derniers dans la soirée.

A l'aube, le front nordiste a pris la forme d'un crochet. Il s'étend désormais de Culp's Hill, au sud-est Gettysburg, occupe le nord-ouest de Cemetery Hill, juste au sud de la ville, s'incurve ensuite vers le sud sur trois kilomètres, le long de Cemetery Ridge, pour s'achever au pied de la pente nord de Little Round Top.

Une grande partie du XII Corps du major-général Henry W. Slocum occupe Culp's Hill. Les restes des I et XI Corps, commandés par le major-général Oliver O. Howard, est disposé au nord de Cemetery Hill. Le II Corps du major-général Winfield S. Hancock est disposé sur la moitié nord de Cemetery Ridge, et le III Corps du major Daniel E. Sickles sur sa moitié sud. Le V Corps du major-général Georges Sykes est tenu en réserve autour de Power's Hill.

Les troupes de Lee s'étendent sur presque huit kilomètres. Parallèle au front nordiste, le III Corps du major-général Ambrose P. Hill occupe une ligne de front de 1,600m sur Seminary Ridge. La ligne de front sudiste s'incurve ensuite vers l'est et passe par les quartiers sud de Gettysburg, pour s'infléchir finalement au sud-est le long de Rock Creek où a pris place le II Corps du lieutenant-général Richard S. Ewell, devant Culp's Hill.

Le plan de Lee est d'attaquer avec le I Corps du lieutenant-général James Longstreet sur le flanc gauche nordiste, à partir de l'extrêmité sud du Seminary Ridge, en longeant le coté nord-est d'Emmitsburg Road, de manière à contourner et prendre à revers les lignes fédérales. L'attaque sudiste devra commencer avec deux divisions commandées par les majors-généraux John B. Hood et Lafayette McLaws, suivies par la division du major-général Richard H. Anderson, du III Corps de Hill.

Sur le flanc droit de Meade, dans le secteur du II Corps sudiste, les divisions des majors-généraux Edward "Allegheny" Johnson et Jubal Early effectueront une attaque de diversion contre Culp's Hill et Cemetery Hill, de manière à empêcher l'arrivée de renforts nordistes sur Cemetery Ridge, à l'ouest.


Ce plan, cependant, est basé sur des renseignements erronés, et agravé par l'absence de la cavalerie sudiste de James E.B. "Jeb" Stuart sur le champ de bataille. Au lieu de contourner le flanc gauche nordiste et de le prendre à revers, la division sudiste de gauche, commandée par McLaw, va se retrouver directement sur le chemin du III Corps nordiste du major-général Daniel E. Sickles. Celui-ci occupe la partie sud de Cemetery Ridge, mais sans en avoir reçu l'ordre, il avance son corps d'armée le long d'Emmitsburg Road.

La nouvelle ligne de défense de Sickles s'étend maintenant du Devil's Den ("Rocher du Diable"), passe par le Shefty Peach Orchard ("Verger de Pêches") en formant un saillant, puis s'infléchit au nord-est le long d'Emmitsburg Road jusqu'à Condori Farm ("Ferme de Condori"). Le V Corps du major-général Georges Sykes se met en mouvement lui-aussi, à partir de Power's Hill, pour occuper les pentes des deux collines Round Top, au sud-est.

L'attaque de Longstreet doit s'effectuer le plus tôt possible, cependant celui-ci obtient l'autorisation de Lee de la retarder pour attendre une de ses brigades. Et la mise en place des unités assignées à l'attaque prend énormément de temps. Si bien que les assauts des divisions de Hood et de McLaw ne commenceront qu'à 16h et 17h respectivement.

Lorsque les divisions de Longstreet buttent contre les défenses du III Corps nordistes, Meade est forcé d'envoyer 20,000 hommes en renforts provenant du V Corps, de la 1ère Division du II Corps, commandée par le brigadier-général John C. Caldwell, la majeur partie du XII Corps, positionné sur Culp's Hill, et de diverses unités du VI Corps du major-général John Sedgwick qui commence à arriver sur le champs de bataille.

L'assaut des Confédérés devie du plan initial lorsque la division de Hood fait mouvement plus à l'est que prévu, perd son alignement avec Emmitsburg Road, attaque les positions fédérales de Devil's Den et de Little Round Top.




McLaws, sur la gauche de Hood, attaque les positions étirées du III Corps et les repoussent du Wheatfield ("Champ de blé") et du Peach Orchard ("Verger de pêches") vers le Plum Run ("Ruisseau des Prunes"). Il s'ensuit dans cette zone les affrontements les plus féroces et les plus sanglants de la bataille de Gettysburg. Des combats aux corps-à-corps, au sabre et à la baïonnette se poursuivront jusqu'au crépuscule. Le III Corps nordiste est virtuellement anéanti, et Sickles est mis hors-de-combat par un boulet d'artillerie sudiste.


Au nord, la Division Anderson du III Corps sudiste débute son attaque à 18h du sud de Seminary Ridge et repousse les Nordistes d'Emmitsburg Road vers Cemetery Ridge.

A l'extrémité sud du front nordiste, au pied de Little Round Top, où s'est positionnée l'artillerie du V Corps, la division sudiste de Hood butte contre les défenses de la 1ère Division du brigadier-général James Barnes. Les troupes sudistes sont stoppées grâce à la résistance héroïque du 20ème Régiment du Maine (396 hommes) commandé par le colonel Joshua L. Chamberlain.


La défense de Little Round Top avec la contre-attaque à la baïonnette de Chamberlain sera un des plus célèbres faits d'armes de cette bataille. En fin de soirée, la cavalerie sudiste de Jeb Stuart commence à arriver, mais ne prendra pas part aux combat de ce second jour.


A 19h, dans le secteur Culp's Hill, au nord-est du champs de bataille, le II Corps sudiste attaque les positions nordistes du XII Corps avec la division du major-général Edward "Alleghany" Johnson. Une grande partie du XII Corps s'est déplacé pour porter main forte contre l'attaque de Longstreet, et la seule unité fédérale qui reste sur Culp's Hill est la brigade du brigadier-général George S. Greene.

Grâce à l'édification d'un mur de rondins et de fortifications ordonnés par Greene et à l'aide de renforts provenant des I et XI Corps, celui-ci parvient à briser l'assaut sudiste. Les Sudistes, au prix de lourdes pertes, parviennent cependant à s'emparer de la partie sud de la colline, Lower Culp's Hill.


Au crépuscule, deux brigades sudistes de la division de Jubal Early prennent d'assaut les positions du XI Corps sur la partie orientale de East Cemetery Hill, défendue par la 2ème Brigade de la 1ère Division du colonel Andrew L. Harris. Harris perd la moitié de ses hommes, mais l'assaut sudiste à cet endroit est également brisé, obligeant les brigades d'Early à ses retirer sur leurs positions de départ.


Les pertes de ce second jour de bataille sont difficiles à évaluer avec précision. Du côté sudiste, les pertes des deux divisions de Hood et de McLaw sont estimées à approximativement 6,000 tués, blessés et disparus, celle de la division de Richard H. Anderson entre 30% et 40% des effectifs engagés (7,130 hommes). L'estimation des pertes de cette seconde journée, donnée par l'historien Noah Trudeau et incluant Culp's Hill et Cemetery Hill, s'établit à 10,000 Nordistes et 6,800 Sudistes hors de combat. Les pertes du 2 juillet sont donc sensiblement les mêmes que celle du premier jour. A titre de comparaison, pendant la bataille d'Antietam Creek, le 17 septembre 1862, 23,000 combattants, soit 12,401 Nordistes et 10,316 Sudistes, avaient été tué ou blessés après douze heures de combat.



3° Troisième jour: 3 juillet 1863.

Le troisième jour, le général Robert E. Lee souhaite renouveller ses attaques selon le même plan de base que la veille: Longstreet attaquerait la gauche fédérale, tandis qu'Ewell attaquerait Culp's Hill.

Cependant, avant que Longstreet soit prêt, les troupes du XII Corps de l'Union entament un bombardement d'artillerie sur les positions conquises la veille (Lower Culp's Hill) par les Confédérés, pour tenter de reprendre le terrain perdu. L'attaque sudiste débute à l'aube et la seconde bataille pour le contrôle de Culp's Hill se poursuivra jusqu'aux environ de 11h, après sept heures de furieux combats entre la Division du général-général Edward "Allegheny" Johnson du II Corps de Ewell, et la Division 2ème Division nordiste commandée par le major-général John W. Geary. Les Confédérés lancent trois assauts consécutifs, et par trois fois ils se brisent contre les défenses nordistes et sont repoussés.

Lee sait qu'une guerre d'usure joue en sa défaveur, il change ses plans et joue ses dernières cartes. Désormais, James Longstreet intégrerait dans son I Corps six brigades du III Corps de Hill, et commanderait une assaut massif d'infanterie contre les positions centrales nordistes sur Cemetery Ridge. Avant cet assaut, son artillerie bombarderait et affaiblirait les positions des Fédéraux.

A 13h, 150 à 170 canons confédérés commencent le bombardement des positions ennemies. Quinze minutes plus tard, c'est l'artillerie nordiste qui entament des tirs de contre-batteries. Pendant deux heures, cela sera le plus grand et le plus long échange d'artillerie de la Guerre de Sécession.

Aux environs de 15h, alors que l'artillerie des deux camps échange encore leurs tirs, les trois divisions commandées par George Pickett, James Pettigrew et Isaac Trimble s'allignent au pas cadencé à la lisière de Seminary Ridge et se mettent en mouvement vers l'est, avec pour objectif un bouquet d'arbres plantés au milieu de Cemetery Ridge: le Copse of Trees. L'attaque deviendra universellement connue sous le nom de "Charge de Pickett".

Pour parvenir jusqu'aux positions fédérales, les fantassins sudistes ont à parcourir une immense distance sur plus de 1200 mètres, sous le feu de l'infanterie et de l'artillerie adverse. Le champ est traversé environ deux tiers de la distance par Emmitsburg Road et une double-barrière, que les troupes sudistes doivent franchir en enjambant, si bien qu'elles perdent encore du temps à reformer leur allignement.




Lorsque les troupes confédérées atteignent enfin la ligne de défense nordiste, une furieuse mêlée au corps-à-corps s'engage. Finalement, les Sudistes sont refoulés avec de lourdes pertes, au moins 50% de leur effectifs, alors que l'Union n'a perdu dans cette charge désespérée que 1,500 tués et blessés. Les rapports nordistes indiqueront avoir fait 3,750 prisonniers ennemis.


Pour Lee, c'est la fin, et il ne lui reste plus qu'à se retirer et rentrer en Virginie. Cependant, la "Charge de Pickett" ne marquent pas tout à fait la fin des combats. Des engagements mineurs de cavalerie se poursuivront encore pendant le reste de cette journée.

La cavalerie sudiste de "Jeb" Stuart, enfin arrivée, est prête à se lancer dans des raids sur les arrières nordistes, contre les convois de ravitaillement et les lignes de communications. A 5km à l'est de Gettysburg, au lieu-dit appelé aujourd'hui East Cavalry Field, Stuart tombe nez-à-nez sur la brigade de cavalerie commandée par le lieutenant-colonel George A. Custer. Il s'ensuit une brève et confuse mêlée au sabre.

A l'extrêmité sud du champ de bataille, en fin de soirée, la 3ème Division de cavelerie, commandée par le brigadier-général Judson Kilpatrick et qui vient juste d'arriver à Gettysburg, lance lui aussi un raid contre le flanc droit du I Corps sudiste de Longstreet, au sud-ouest de Little Round Top. Le brigadier-général nordiste Elon J. Farnsworth, qui commande la seconde brigade de Kilpatrick, est tué au cours de cet engagement.





Bilan et retraite de Lee en Virginie (5-14 juillet 1863).

En trois jours de combat, les deux armées ennemies ont perdu 52,000 tués, blessés, disparus ou prisonniers. Ce qui est supérieur aux 46,000 Américains tués au combat pendant toute la guerre du Vietnam (1964-1973). La bataille de Gettysburg est la bataille la plus sanglante de la guerre de Secession. Et la guerre civile américaine, le conflit le plus coûteux en vies humaines de l'histoire américaine. Les pertes américaines (620,000 morts) dépassent toutes celles des autres guerres auxquelles ont pris part les Etats-Unis, en comptant les deux conflits mondiaux, la Corée et le Vietnam.

A Gettysburg, l'Armée de l'Union a enregistré 23,055 hommes hors de combat: 3,155 tués, 14,531 blessés et 5,369 capturés ou disparus. Les pertes de la Confédération sont difficiles à estimées, les chiffres mentionnés par la plupart des auteurs tournent autours de 28,000 hommes hors-de-combat. John Busey et David Martin, dans leur livre "Regimental Strengths and Losses at Gettysburg" publié en 2005 (1), estiment les pertes sudistes à 23,231 hommes: 4,708 tués, 12,693 blessés, 5,830 capturés ou disparus.


Le 19 novembre 1863, le président Abraham Lincoln, au cours d'un discours devenu célèbre aux Etats-Unis, rendra hommages aux combattants des deux camps tombés à Gettysburg.

"Voici quatre-vingt-sept ans que nos pères ont apporté sur ce continent une nouvelle nation, conçue dans la liberté et fondée sur la proposition que tous les hommes ont été créés égaux.

"Nous sommes aujourd'hui engagés dans une grande guerre civile, nous demandant comment cette nation ou n'importe quelle nation conçue sur de tels fondements peut endurer une telle chose. Nous voici sur un grand champ de bataille de cette guerre. Nous sommes venus pour en consacrer une partie en tant que lieu de repos final pour ceux qui y sont morts afin que vive la nation. Ceci nous pouvons le faire.

"Mais dans un sens plus large, nous ne pouvons pas consacrer, nous ne pouvons pas sanctifier cette terre. Les braves, vivants ou morts, qui ont lutté ici l'ont sanctifiée bien au-delà de ce que notre faible puissance pourrait y ajouter ou y enlever. Le Monde ne se souviendra ni bien, ni longtemps, de ce que nous disons ici, mais il ne pourra jamais oublier ce que ces hommes ont fait. Mais c'est à nous, les vivants, à nous que revient la grande tâche: que pour ces morts que nous honorons, nous portions un amour plus fort à cette cause pour laquelle ils ont ici donné la dernière et pleine mesure de leur dévouement. Nous décidons ici avec ferveur que ces morts ne seront pas morts en vain, que cette nation, par la grâce de Dieu, verra renaître la liberté, et que le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ne disparaîtra pas de la terre."


(Traduction Pierre Paréja, USA-Decouverte.com)




Le lendemain, 4 juillet 1863, chacun des deux camps reste en défensive sur leurs positions. Au milieu de l'après-midi, les tirs cessent pratiquement partout sur le champ de bataille, les deux adversaires pensent leurs plaies et enterrent leurs morts. Un échange de prisonniers proposé par les Sudistes est rejetté par Meade.

Ce même jour, sur le théâtre d'opération de l'Ouest, la garnison sudiste encerclée à Vicksburg se rend au général Ulysse S. Grant.

Le 5 juillet 1863, sous une pluie battante, l'Armée de la Virginie du Nord du général Robert Lee commence à se retirer du champ de bataille de Gettysburg par la Route d'Hagerstown. La bataille est vraiment terminée et l'armée confédérée regagne la Virginie, poursuivie par les troupes de Meade.

Le 14 juillet 1863, Lee repasse le Potomac. Des combats d'arrière-garde à Falling Waters marque la fin définitive de la Campagne de Pennsylvanie ou "Campagne de Gettysburg".



(1) Busey, John W., and Martin, David G., "Regimental Strengths and Losses at Gettysburg", 4th Ed., Longstreet House, 2005, page 260.


Série Grandes batailles du passé.

Série de documentaires vidéos réalisés par Daniel Costelle et Henri Turennes.
Bataille de Gettysburg.

Tirée de la mythique série "Les grandes batailles du passé", la bataille de gettysburg (1863), documentaire des années septantes, répiqué sur une vieille VHS, désolé pour la qualité. Mis en ligne le 31 janvier 2009.













Bataille de Gettysburg à Hollywood.

Gettysburg est un film historique réalisé en 2005 par Ron Maxwell. Durée: 4h 21min. Avec Tom Berenger (James Longstreet), Martin Sheen (Robert Lee), Stephen Lang (George Pickett), Richard Jordan (Lewis A. Armistead), Patrick Gorman (John B. Hood), William Morgan Sheppard (Isaac R. Trimble), George Lazenby (James J. Pettigrew), Sam Elliott (John Buford), Jeff Daniels (Joshua L. Chamberlain).





Article modifié le 20 juillet 2013.


Sources principales:
Gettysburg Campaign (Wikipedia.org)
Battle of Gettysburg (Wikipedia.org)
Maps of Gettysburg Campaign (CivilWar.org)