Exploration et étude du Système Solaire

Le Système Solaire est un système stellaire gravitationnel comprenant une étoile, le Soleil, et des corps célestes ou astres orbitant autour de lui, directement ou indirectement. Parmi ces astres, les huit plus grands sont les planètes, leurs 173 satellites ou lunes, et divers autres objets, comme les cinq planètes naines reconnues comme telles (Cérès, Pluton, Hauméa, Makémaké et Eris), ainsi que des astéroïdes ou restes de corps rocheux et/ou de glaces, et des comètes. Au sujet des lunes qui orbitent indirectement autour du Soleil, deux sont plus grandes que la plus petite des planètes intérieures, Mercure.

Le Système Solaire s'est formé il y a 4.568 milliards d'années, à partir d'un nuage moléculaire interstellaire géant. La vaste majorité de la masse de ce système est constituée par le Soleil, et le reste principalement par les quatre planètes géantes extérieures. Jupiter et Saturne sont les deux géantes gazeuses, beaucoup plus massives que Terre et composées essentiellement d'hydrogène et d'hélium. Les deux géantes les plus lointaines, Uranus et Neptune, sont des planètes de glace composées d'un mélange d'hydrogène, d'hélium, d'eau, de méthane et d'ammoniaque. Les quatre planètes dites "intérieures", ou "planètes terrestres", sont Mercure, Venus, Terre et Mars. Celles-ci sont constituées principalement de roches et de métaux. Les cinq planètes naines ont été baptisées du nom de divinités diverses: Pluton est la plus grande avec 2,326 km de diamètre. Suivent Eris (2,344 km), Hauméa (1,960 km), Makémaké (1,480 km), et Cérès (945 km).


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1. Planètes terrestres intérieures.

1° Mercure.

Mercure est la plus petite des huit planètes du Système Solaire, et la plus proche du Soleil. Sa période de révolution autour de son étoile est de 87.969 jours terrestres, et décrit autour de celle-ci une orbite elliptique et excentrée, avec une Périhélie (point le plus proche) de 46 millions de km, et une Aphélie (point le plus éloigné) de 69.8 millions de km. Sa période de rotation sur elle-même est faible: 59 jours terrestres. Elle a un diamètre équatorial de 4,879.4 km. Elle a été baptisée du nom du dieu romain Mercure, le Dieu du Commerce et des Voyages, et également "Messager des Dieux". Mercure n'a pas de satellites naturels.

Photo 1 - Mercure vue par la sonde spatiale Messenger (NASA), le 14 janvier 2008
Mercury

Sa surface, à l'instar de la Lune, est constellée de cratères d'impact, les plus grands mesurant plusieurs centaines de kilomètres de diamètre. Sa proximité avec le Soleil en fait un astre où la température de la face exposée s'élève à +427°C, et s'abaisse à -173°C sur sa face caché. L'atmosphère quasi inexistante explique ce grand écart de température, et dans ce cas nous parlons plutôt d'"exosphère", composée d'un mélange de potassium (31%), de sodium (25%) et d'oxygène (9.5%). On y trouve également des traces d'argon, de néon, d'hydrogène et d'hélium.

Les premières observations de Mercure au télescope sont effectuées par l'astronome et physicien Galilée, au début du 17ème siècle. Au 20ème siècle, le premier vol d'observation de Mercure est réalisé par la sonde spatiale Mariner 10 de la NASA, le 29 mars 1974.


2° Vénus.

Venus est la seconde planète distante du Soleil. Elle tourne autour de lui en 224.7 jours terrestres, et décrit une orbite légèrement excentrée. Sa Périhélie est de 107.48 millions de km, et son Aphélie de 108.94 millions de km. Sa période de rotation sur elle-même est de 243.025 jours terrestres, et contrairement aux autres planètes du Système Solaire, cette rotation s'effectue en sens inverse. La planète a été baptisée du nom de la Déesse romaine de l'amour et de la beauté, et elle n'a pas de satellites naturels.

Photo 2 - Photo couleur prise par Mariner 10 (NASA) le 5 février 1974. Sa surface
est entièrement recouverte d'un manteau opaque d'acide sulfurique
Venus

Venus est une planète terrestre, parfois surnommée "Planète sœur" ou "Jumelle" de Terre. Son diamètre est très similaire à celui de notre planète: 12,092 km, soit environ 650 km de moins que la nôtre. Mais son atmosphère, composée de 96% de dioxyde de carbone, conséquence d'un effet de serre incontrôlée, est très différente. La pression atmosphérique y est 92 fois plus élevée, c'est-à-dire l'équivalent de la pression qui règne à 3,500 mètres de profondeur dans les océans. Sa température moyenne s'élève à 462°C.

Photo 3 - Comparaison des tailles entre Vénus et Terre
Venus & Earth Size Comparison

A l'instar de Mercure, Venus est observée pour la première fois au télescope par Galilée, au début du 17ème siècle. La première observation orbitale est effectuée par la sonde Mariner 2 de la NASA, le 14 décembre 1962. Et le premier vaisseau spatial à s'y poser est la sonde russe Venera 7, le 15 décembre 1970. Le contact et la transmission des données ne durent que 52 minutes, l'engin étant perdu en raison de la température, de la corrosion et de la pression atmosphérique écrasante qui y règnent.


3° Terre.

Terre (Ancien anglais: Eorðe, Grec: Γαῖα Gaia, Latin: Terra) est notre planète, parfois surnommée "Globe". C'est la troisième planète distante du Soleil, la seule qui s'est montrée propice au développement de la vie animale et végétale telle que nous la connaissons aujourd'hui, et c'est le berceau de l'Humanité. C'est également la planète la plus dense du Système Solaire, et la plus grande du groupe des quatre planètes terrestres intérieures.

Photo 4 - Terre photographiée par Apollo 17 le 7 décembre 1972
The_Earth_seen_from_Apollo_17

La lithosphère ou croûte terrestre est composée de plaques tectoniques qui bougent l'une contre ou sur l'autre, depuis des centaines de millions d'années. Environ 71% de la surface sont couverts d'eau. Le reste, 29%, compte les continents et des îles. La majorité des régions polaires est constituée de glace. L'intérieur de la Terre est composé d'un noyau interne ou coeur en fer solide, d'un noyau externe liquide qui génère le champ magnétique terrestre, d'un manteau interne liquide, composé de roches en silicates en fusion ou magma, d'une croûte en basalte ou granite, et d'un manteau externe solide.

Photo 5 - Coupe de l'intérieur de la Terre
Earth_poster

Au cours du premier milliard d'années dans l'histoire de Terre, des formes de vie primitives apparaissent dans les océans et les mers, et commencent à affecter l'atmosphère et la surface terrestres. Des organismes aérobies et anaérobies prolifèrent. Les fouilles et travaux géologiques actuelles indiquent que la vie serait apparue il y a 4.1 milliards d'années. Depuis lors, la combinaison de la distance Terre-Soleil, des propriétés physiques et chimiques, ainsi que de l'histoire géologique, ont permis aux formes de vie d'évoluer sans cesse vers des organismes plus complexes et de se diversifier.

Dans l'histoire de Terre, cette biodiversité a connu de longues périodes d'expansion, entrecoupées parfois par des extinctions de masse. Les scientifiques estiment à l'heure actuelle que plus de 99% de toutes les espèces animales et végétales, ayant vécu sur Terre à un moment ou un autre, ont fini par s'éteindre.

Aujourd'hui, plus de 7.4 milliards de personnes vivent sur Terre et dépendent de sa biosphère et de ses ressources minérales pour leur survie. Au fil de l'Histoire, les humains ont développé de nombreuses sociétés et cultures. Politiquement, le monde que nous connaissons au 21ème siècle compte environ 200 nations ou états souverains. Actuellement, la Terre compte un peu plus de 7.4 milliards d'habitants.


4° Mars.

Mars est la quatrième et dernière planète interne distante du Soleil, avec une Périhélie de 206.7 millions de km, et une Aphélie de 249.2 millions de km. Elle a été baptisée du nom du Dieu romain de la Guerre, et on fait également référence à elle sous le nom de "Planète Rouge", en raison de son oxyde de fer qui prédomine à la surface. Mars est de type terrestre, elle possède une légère atmosphère, composée essentiellement de gaz carbonique (95.97%), et une surface accidentée et assez chaotique, composée de cratères d'impact de météorites, de vallées, de bassins, de montagnes et de déserts, ainsi que de glace polaire, à l'instar de Terre. Mais contrairement à notre planète, elle n'a pas de tectonique des plaques: sa surface est donc figée à tout jamais. Sa période de rotation sur elle-même (24h 37m 22s) et le cycle des saisons sont similaires à ceux de Terre. Sa période de révolution autour du Soleil est de 686.971 jours terrestres.

Photo 6 - Photo couleur de Mars prise par la sonde spatiale
européenne (ESA) Rosetta le 25 février 2007
Mars True Color

Géologiquement, Mars possède le plus grand volcan et la seconde montagne en taille du Système Solaire, le Mont Olympus, dont le sommet culmine à presque 22km de hauteur, et son diamètre à la base fait environ 600km. Valles Marineris est le plus large canyon du Système Solaire, et elle est si grande qu'elle est visible depuis les sondes orbitales, comme une balafre sur la joue. Les deux calottes glacières polaires sont composées principalement de glace et d'eau. Le volume de glace du Pole Sud est tel que si elle fondait, elle suffirait à recouvrir entièrement la surface martienne sous une couche d'eau de 11 mètres de profondeur. Son diamètre équatorial est de 6,792 km, soit un peu plus de la moitié de celle de Terre.

Dans la culture populaire (littérature, cinéma, ...) la Planète Rouge occupe une place de choix. Les premières références écrites et observations de Mars, rapportées par les astronomes égyptiens, datent de 1534 av. J.-C. En 1604, l'astronome Johann Kepler parvient à calculer sa parallaxe et sa distance avec Terre. Une observation par des sondes spatiales est entamée au début des années 1960s par les Etats-Unis et la Russie.

Photo 7 - Valles Marineris, cliché pris par Viking 1 le 22 février 1980


2. Planètes géantes gazeuses.

1° Jupiter.

Jupiter est la cinquième planète distante du Soleil, et la plus grande du Système Solaire. Sa masse à elle-seule est équivalente à deux fois et demi celles de toutes les autres planètes réunies. La géante gazeuse est connue par les astronomes depuis l'Antiquité. Elle a été baptisée du nom du Roi des Dieux dans le Panthéon mythologique romain. En raison de sa vitesse de rotation très élevée (9.925 heures), elle présente l'aspect d'une sphère légèrement aplatie aux pôles et un petit renflement autour de l'équateur. La "Grande Tâche Rouge", observable par les astronomes depuis le 17ème siècle, est un gigantesque cyclone tourbillonnant dont le diamètre est similaire à celui de Terre.

Photo 8 - Photo de Jupiter prise par le télescope spatial Hubble le 21 avril 2014
Photo prise par Hubble - 21/04/14

A l'instar des autres planètes, son orbite autour du Soleil, qui dure 398.88 jours terrestres, est excentrée. Sa Périhélie est de 740.55 millions de km, et son Aphélie de 816.4 millions de km. C'est une planète de type "Gazeuse", qui n'a pas de surface solide bien définie. Elle a un diamètre équatorial de 142,984 km, soit 11.21 fois celui de Terre. Son volume représente 1,321 fois celui de Terre. De part sa masse très élevée, Jupiter génère une grande force de gravité et d'attraction. Sa composition chimique est de 89.8% (+/- 2.0%) d'hydrogène et de 10.2% (+/- 2.0%) d'hélium. Il y a également d'infimes traces de méthane (0.3%) et d'ammoniaque (0.026%).

Le "Système Jovien" compte 67 satellites naturels ou lunes, dont les quatre plus connus, Io, Europe, Ganymède et Callisto, ont été découverts par l'astronome Galilée en janvier 1610. Les trois plus proches de Jupiter ont une résonance orbitale de 4-2-1 entre eux. Leur rotation et leur masse génère leur propre force de gravité. Historiquement, les premières sondes spatiales à prendre et transmettre des photos de la géante gazeuse sont les missions de la NASA Pionner-10 et Pionner-11, en mars 1972 et avril 1973. Suivent Voyager-1 (5 mars 1979), Voyager-2 (9 juillet 1979), Cassini (30 décembre 2000) et New Horizon (28 février 2007).

Photo 9 - Echelle des dimensions entre Terre et Jupiter
Dimensions Terre-Jupiter


2° Saturne.

Saturne est la sixième planète distante du Soleil, et la seconde en taille après Jupiter. A l'instar de celle-ci, c'est une géante gazeuse, dont le diamètre de 120,536 km représente 9.45 fois celui de Terre. Sa principale caractéristique distinctive, ce sont bien sûr ses anneaux concentriques, constitués de milliards de blocs de roches, de glace et de poussières, débris de satellites naturels. Elle a été baptisée du nom du Dieu romain de l'Agriculture. Et bien que sa densité ne soit qu'un huitième de Terre, sa masse est 95 fois plus élevée. A l'instar de Jupiter, elle exerce une grande force d'attraction.

Photo 10 - Photo de Saturne prise par la sonde Cassini le 23 juillet 2008
Saturne - Photo prise par <i>Cassini</i>, 23/07/08

Saturne a un aspect jaune pâle en raison des cristaux d'ammoniaque NH3 présents dans les couches supérieures de son atmosphère. Dans celle-ci, les vents peuvent atteindre la vitesse de 1,800 km/h, plus rapide encore que ceux de Jupiter.

Photo 11 - Echelle des dimensions entre Saturne et Terre
Dimensions Saturne-Terre

La planète décrit une orbite excentrée autour du Soleil en 10,759.22 jours terrestres. Sa Périhélie est de 1.350 milliard de km, et son Aphélie de 1.509 milliard de km. Elle tourne sur elle-même en 378.09 jours terrestres. Saturne compte 62 satellites ou petites lunes, dont 53 d'entre eux ont été affublé d'un nom. Les plus connus sont Mimas, Enceladus, Tethys, Dione, Rhea, Iapetus et Titan.

Saturne est connue et observée depuis l'Antiquité par des astronomes babyloniens, grecs et romains. Ces derniers considèrent la planète comme l'équivalent du Dieu grec Cronos, ce qui donne son nom au "Système Cronien". Galilée observe Saturne et ses anneaux pour la première fois au télescope en 1610. La première sonde spatiale à survoler Saturne est Pionner-11 (NASA), en septembre 1979. Voyager-1 visite la planète en novembre 1980. En août 1981, Voyager-2 poursuit les études et observations. En juin 2004, la sonde Cassini-Huygens observe et étudie attentivement son plus grand satellite, Titan.

Photo 12 - Sonde Cassini-Huygens
(deux modules séparés) étudiant Titan, en juin 2004
NASA-Cassini-Saturn-Titan


2. Planètes géantes de glace.

1° Uranus.

Uranus et la septième planète distante du Soleil, et la troisième par sa taille. C'est la seule dont le nom est dérivé de la mythologie grecque. Celui-ci est la version latinisée du Dieu du Ciel Ouranos, le père de Chronos (Saturne), et le grand-père de Zeus. Sa composition chimique, ainsi que celle de Neptune, diffèrent sensiblement des planètes géantes gazeuses. Elle possède bien de l'hydrogène et de l'hélium, mais dans une beaucoup moindre proportion, et compte davantage de glaces d'eau, d'ammoniaque et de méthane, ainsi que de traces d'autres hydrocarbonés. C'est pour cette raison que les astronomes classent les deux planètes extérieures du Système Solaire dans la catégorie des "Géantes de glace". Sa température dans la tropopause est de -224°C.

Photo 13 - Comparaison entre la Terre et Uranus
Uranus Earth size comparison_2

Tout comme les deux géantes gazeuses, Uranus dispose d'un système de 13 anneaux composés de blocs de roches et de glaces, beaucoup moins visibles que ceux de Saturne, et d'une magnétosphère. Son diamètre équatorial est de 51,118 km, soit un peu plus de quatre fois celui de Terre. Sa masse équivaut à 15 fois celle de Terre. La planète tourne sur elle-même en 17h 24m 15s, et autour du Soleil en 369.66 jours terrestres. Sa Périhélie est de 2.742 milliards de km, et son Aphélie de 3.008 milliards de km.

Uranus compte 27 satellites naturels, baptisés d'après des personnages des oeuvres de William Shakespeare ou du poète Alexander Pope. Les cinq plus importants sont Miranda, Ariel, Umbriel, Titania et Oberon. Les anneaux sont composés de particules très denses, mesurant entre un micromètre et quelques centimètres. Ces anneaux sont observés pour la première fois par l'astronome anglais William Herschel, en 1789. La bizarrerie de la planète, c'est que son axe de rotation est presque horizontal et parallèle au plan de l'écliptique solaire. Ses pôles se retrouvent plus ou moins au niveau de l'équateur, et son système d'anneaux en position verticale.

Photo 14 - Trajectoire de la sonde Uranus Pathfinder (NASA)
UranusPathfinderTrajectory-20150527


2° Neptune.

Neptune est la huitième et la plus lointaine planète du Système Solaire. C'est la quatrième plus grande par son diamètre, et la troisième par sa masse, 17 fois plus massive que celle de Terre. Neptune orbite autour du Soleil en 60,182 jours terrestres, soit 164.88 années. Sa Périhélie est de 4.46 milliards de km, et son Aphélie de 4.54 milliards de km. Sa période de rotation sur elle-même est de 16h 6m 36s Elle est baptisée du nom du Dieu romain de la Mer, et a un diamètre équatorial de 49,528 km, soit 3.83 fois celui de Terre, et compte 14 satellites identifiés, les plus connus étant Triton, Larissa, Despina et Proteus.

Neptune n'est pas visible à l'oeil nu, c'est la seule planète du Système Solaire trouvée par déduction mathématique, et non par observations empiriques. Des changements dans les calculs de son orbite sont apportés par l'astronome français Alexis Bouvard, au début du 19ème siècle. En août 1846, Urbain le Verrier et John Couch Adams, deux astronomes français et anglais, grâce aux travaux de Bouvard, prédisent chacun de leur côté avec plus de précision l'orbite et la position de Neptune. Un mois plus tard, le 23 septembre, dans l'Observatoire astronomique de Berlin, l'allemand Johann Gottfried Galle se sert des travaux et calculs de ses deux prédécesseurs pour observer Neptune au télescope. Au 20ème siècle, la planète est étudiée par des télescopes basés sur Terre, notamment au Mont Palomar. Elle est survolée et photographiée par la sonde spatiale américaine Voyager-2 le 25 août 1989.

Photo 14 - Comparaison entre Terre et Neptune. Lors du passage de Voyager-2
en 1989, la sonde de la NASA photographie la "Grande Tâche Bleue",
comparable à la "Grande Tâche Rouge" de Jupiter
Neptune Earth size comparison_2

La composition chimique de Neptune est similaire à celle des autres planètes géantes extérieures. Tout comme Jupiter et Saturne, l'atmosphère de Neptune est composée principalement d'hydrogène et d'hélium, avec des traces d'hydrocarbonés et probablement d'azote. Mais, à l'instar d'Uranus, elle contient une plus importante proportion de glaces d'eau, d'ammoniaque et de méthane. C'est la présence en grande quantité de ce méthane dans la couche supérieure atmosphérique qui lui donne cet aspect bleu caractéristique. Ci-dessous la composition de Neptune: [1] Couche atmosphérique supérieure nuageuse. [2] Atmosphère composée d'hydrogène (80%), d'hélium (19%) et de méthane. [3] Manteau composé de glaces d'eau, d'ammoniaque et de méthane. [4] Noyau ou cœur solide, composé de roches en fer-nickel et sillicates.

Photo 15 - Composition chimique de Neptune
Neptune_diagram


3. Autres éléments du Système Solaire.

1° Soleil.

Le Soleil est le centre du Système Solaire, source de vie sur Terre. Dans la classification spectrale établie par Henry Draper, à Harvard, c'est une étoile de Type-G, c'est-à-dire une étoile jaune, de petite taille et de basse luminosité. Sa masse est composée essentiellement d'hydrogène (74.9%) et d'hélium (23.8%), avec de petites traces d'oxygène (0.77%), de carbone (0.29%), de néon et de fer. Cette masse représente 99.86% de celle du Système Solaire, et est équivalente à 330,000 fois celle de Terre. Son diamètre de 1.394 million de km représente 109 fois celui de notre planète.

Photo 16 - Structure du Soleil
Sun_poster

Classification Spectrale de Harvard, de droite à gauche:
  1. Type-O: étoile très chaude et très lumineuse, de couleur bleue.
  2. Type-B: étoile blanche-bleue, un peu moins chaude.
  3. Type-A: étoile blanche, avec hydrogène.
  4. Type-F: étoile jaune-blanche, avec présence de métaux comme fer et titane.
  5. Type-G: étoile jaune, avec hydrogène, hélium et métaux. Notre Soleil est de Type-G.
  6. Type-K: étoile orange, avec métaux et monoxyde de titane.
  7. Type-M: étoile rouge, monoxyde de titane.
Photo 17 - Classification spectrale des étoiles de Harvard
Morgan-Keenan_spectral_classification

Le Soleil s'est formé il y a environ 4.6 milliards d'années, à partir d'un nuage géant interstellaire composé de poussière et de gaz, et a donné naissance au Système Solaire. Les scientifiques estiment que l'étoile est arrivée à mi-vie, et qu'il lui reste un peu moins de 5 milliards d'années avant d'épuiser son combustible nucléaire, l'hydrogène. Le Soleil gonflera et se transformera alors en géante rouge, jusqu'à dépasser les orbites de Mercure et de Vénus, et probablement celle de Terre. A ce stade, elle sera 2,000 fois plus lumineuse et son diamètre 200 fois plus grand qu'il ne l'est actuellement. Avant de se contracter sur elle-même en étoile naine, puis finalement se transformer en trou noir.

Le Soleil est dans le bras spiral d'Orion, à environ 27,200 années lumière du centre de notre galaxie, la Voie Lactée (en anglais: Milky Way). Il est lui-même en mouvement et tourne autour du centre de sa galaxie à la vitesse de 220 km/s. Il effectue une révolution estimée entre 2.25 et 2.50 * 10^18 années.

Photo 18 - Voie Lactée et la position du Soleil
MilkyWay-full-annotated


2° Ceinture d'astéroïdes, Ceinture de Kuiper et planètes naines.

La ceinture d'astéroïdes est un disque circumstellaire situé entre les orbites de Mars et de Jupiter. Elle est composée de corps rocheux ou de glaces irréguliers, de restes de protoplanètes, et compte une planète naine connue, Cérès (945 km de diamètre), ainsi qu'une série de grands astéroïdes comme Vesta (572 km de long), Pallas (550 km) et Hygiea (530 km). Cette ceinture a été formée au cours des cent premiers millions d'années dans l'histoire du Système Solaire.

Photo 19 - Deux ceintures d'astéroïdes du Système Solaire
Asteroid-Belt

La ceinture de Kuiper, du nom de l'astronome hollando-américain Gerrit Pieter Kuiper, est similaire à celle de la ceinture d'astéroïdes intérieure, mais située au-delà de l'orbite de Neptune. Elle marque la limite connue du Système Solaire. Pluto (2,326 km), qui était originellement cataloguée comme sa 9ème planète, a été rétrogradée comme dans la catégorie des "Planète naines" ou astéroïdes en 2006. La ceinture de Kuiper compte également trois autres planètes naines connues: Eris (2,344 km), Hauméa (1,960 km) et Makémaké (1,480 km).

Photo 20 - Représentation de la Ceinture de Kuiper
Kuiper-Belt


3° Nuage de Oort.

Le Nuage de Oort, baptisé du nom de son découvreur, l'astronome hollandais Jan Oort, en 1950, est un nuage composé essentiellement de blocs de roches et de glaces. Comme les deux ceintures d'astéroïdes, il s'agit de restes de la formation du Système Solaire et des protoplanètes. Ceux-ci tournent autour du Soleil, à une distance estimée entre 50,000 et 200,000 Unités Astronomiques (AU), ou entre 0.8 et 3.2 années-lumière (ly). Le Nuage de Oort est en fait composé de deux ensembles ou parties. La première est un disque circumstellaire plat, et la seconde un nuage sphérique entourant l'Héliosphère. Mais leurs limites sont incertaines et ne sont pas connues avec précision. De plus, cette région abrite le berceau de plusieurs comètes dites "longue période", comme la comète de Halley qui accomplit une orbite elliptique autour du Soleil tous les 76 ans.

Remarque: une AU équivaut à la distance moyenne Terre-Soleil prise comme étalon, soit 149.598 millions de km, 8.311 minutes-lumière ou 1.5813×10^(−5) année-lumière.

Photo 21 - Représentation du Nuage de Oort,
l'échelle représentée est logarithmique
Oort Cloud - Voyager 1 Goes Interstellar


Article rédigé le 27 juin 2017.


Sources principales:
Solar System (Wikipedia.org)
Terrestrial Planet (Wikipedia.org)
Giant Planet (Wikipedia.org)
Outer Plantet (Wikipedia.org)


Observation et étude de Mars

Dans cette série de trois articles, j'aborderai un sujet qui me tient particulièrement à coeur depuis plusieurs années: l'astronomie et l'exploration spatiale. Le premier, "Observation et étude de Mars", traite en particulier de la Planète Rouge, parce que c'est celle qui me fascine le plus. J'y inclus un petit descriptif, ses caractéristiques principales, un petit historique des missions d'observation et d'exploration qui y ont été et qui sont menées de nos jours. Le second article, "Exploration du Système Solaire", reprend plus généralement la liste et la description des tous les corps célestes de notre système stellaire, baptisé Système Solaire: le Soleil, les planètes ou proto-planètes, leurs satellites ou lunes, et enfin les ceintures d'astéroïdes et comètes. Le troisième et dernier article, "Exo-planètes", décrit ce que sont les exo-planètes, c'est-à-dire les planètes découvertes et observées hors de notre système stellaire, dans le cosmos ou l'espace lointain, leur étude et observation par les télescopes terrestres ou orbitaux.



1. Définition générale.

L'exploration de Mars est l'étude de la planète Mars par des véhicules ou engins spatiaux lancés depuis la Terre, à l'aide de sondes orbitales d'observation, Rovers ou "Robots-Véhicules" se déplaçant à sa surface, etc. Cette étude scientifique a véritablement débuté à la fin dans la dernière décennie du 20ème siècle, avec le Programme Probes de la NASA. Son objectif est la collecte de données et l'accumulation des connaissances sur le système martien, axées principalement sur sa formation géologique et sur son potentiel d'habitabilité, c'est-à-dire la faisabilité d'installer un habitat autonome humain, dans l'espoir d'une probable colonisation future de la planète Rouge et de ses lunes satellites. Et qui sait? De son hypothétique "Terra-Formation", mais nous entrons-là dans le domaine de la Science Fiction...

Photo 1 - Robot d'exploration MSL Curiosity sur Mars, 6 octobre 2015


2. Status actuel de Mars.

L'étude interplanétaire est une tâche immense, fort coûteuse et très compliquée techniquement. L'exploration de Mars a connu de ce fait un taux d'échec important et retentissants, surtout au début. Deux tiers des engins spatiaux destinés à cette planète ont échoué à remplir leur mission, la plupart avant même qu'elle ne commence. Plusieurs missions ont à l'inverse rencontré des succès inespérés et inattendus, comme les robots MER (ou Mars Exploration Rover) jumeaux Spirit et Opportunity, qui se sont posés sur Mars respectivement les 4 et 25 janvier 2004, et le MSL (Mars Science Laboratory) Curiosity, qui a atterrit sur la planète rouge le 26 novembre 2011.

Photo 2 - Robots d'exploration MER Spirit et Opportunity, posés sur Mars en janvier 2012

Le MER Spirit a cessé d'émettre en 2010. Le 24 octobre 2016, les deux autres robots scientifiques envoyaient toujours des signaux et des données vers la Terre: le MER Opportunity et le MSL Curiosity. Six autres satellites ou sondes spatiales orbitales surveillent, photographient, étudient et analysent la surface de la planète: Mars Odyssey (NASA, lancé en 2001), Mars Express (ESA, 2003), Mars Reconnaissance Orbiter (NASA, 2005), Mars Orbiter Mission, ou Mangalyaan en sanscrit (Inde, 2013), Mars Atmosphere and Volatile Evolution Mission, ou MAVEN (NASA, 2013), et ExoMars Trace Gas Orbiter (ESA et Roscosmos/Russie, 2016).

Photo 3 - Sonde spatiale orbitale Mars Odyssey, lancée en 2001


3. Projet de colonisation de Mars.

Le 24 janvier 2014, la NASA indique que les études des deux robots Curiosity et Opportunity porteront désormais sur la recherche d'anciennes formes de vie, sur l'analyse de la biosphère ou écosystème, l'étude chimique et la recherche de micro-organismes et des traces d'environnement océanique, fluviaux ou lacustres, des lieux qui pourraient s'adapter à une future colonisation et habitation permanente par des humains.

Photos 4 et 5 - Ellen Stofan, Chief NASA Scientist, 22 June 2012: "Our Plan Is to Colonize Mars"



Quelques vidéos Youtube ci-dessous (en anglais), illustrant la future et probable colonisation humaine et la construction d'infrastructures et habitations permanentes sur le sol martien...









4. Historique des missions passées et présentes.

Entamées en 1960, les Soviétiques ont lancé un programme d'observation de Mars. Mais sans succès initial. A plusieurs reprises, ils tentent d'effectuer des vols aller-retour et des mises en orbites autour de cette planète, y compris le 4 novembre 1962, le lancement raté de Mars 2MV-3 No.1 ou Sputnik 24, dont l'objectif initial était de se poser sur le sol martien.

Le premier succès d'un vol aller-retour vers Mars est accompli par la sonde Mariner 4 de la NASA, les 14 et 15 juillet 1965. Mais il faut attendre le 14 novembre 1971 pour que Mariner 9 réussisse la première mise en orbite martienne. La masse de données récoltées permettent alors d'accroître dans de notables proportions les connaissances sur cette planète, et de concevoir et développer les futures technologies des engins spatiaux destinés à cette étude, qui sont encore utilisées de nos jours...

Photo 6 - Mariner 9, lancé par la NASA le 30 mai 1971, est la première sonde
spatiale à se placer sur orbite de Mars, le 14 novembre de cette année

Les deux premiers engins spatiaux à toucher le sol martien sont les sondes soviétiques Mars-2, le 27 novembre, et Mars-3, le 2 décembre 1971. La descente contrôlée de la première échoue, et elle s'écrase au sol. Mais la seconde parvient à se poser sans difficulté majeure.

En 1975, la NASA lance le programme Viking, qui consiste en deux sondes orbitales. Les deux engins réussissent à se poser sur Mars en 1976. Viking-1 reste opérationnelle pendant six ans, et Viking-2 pendant trois ans. Elles permettent toutes deux de visualiser les premières photographies panoramiques en couleur du sol martien.

Photo 7 - Illustration de la sonde soviétique Phobos-2, réalisée le 24 novembre 2005

Statistiquement, les deux tiers des engins spatiaux envoyés vers Mars ont connu une fin prématurée et ont échoué dans leur mission. La Planète Rouge acquiert vraiment une réputation d'être un objectif d'exploration spatiale difficile. Après la disparition de Phobos-1 et Phobos-2 en 1988, voici une liste des missions martiennes qui ont fini prématurément:

  • Mars Obserser (NASA), en septembre 1992.
  • Mars-96 (Roscosmos/Russie), en novembre 1996.
  • Mars Climate Orbiter (NASA), en septembre 1999.
  • Mars Polar Lander et Deep Space 2 (NASA), en décembre 1999.
  • Nozomi (JAXA/Japon), en décembre 2003.
  • Fobos-Grunt (Roscosmos/Russie) et Yinghuo-1 (CNSA/Chine), en janvier 2012.
  • Beagle-2 (National Space Centre, Royaume-Uni), en janvier 2015.
  • Schiaparelli EDM Lander (ESA/Europe et Roscosmos/Russie), en octobre 2016.

Photo 8 - Première photographie couleur du sol martien
réalisée par Viking-1 le 21 juillet 1976


5. Fiche signalétique de Mars.

  • Diamètre à l'équateur: 6,794 km (0.53 fois celui de la Terre).
  • Volume: 1.6318 * 10^11 km³ (0.151 fois celui de la Terre).
  • Masse: 6.4171 * 10^23 kg (0.107 fois celle de la Terre).
  • Etendue de la surface: 144,798,500 km² (0.284 fois celle de la Terre).
  • Gravité à la surface: 3.711 m/s² (0.379 g).
  • Période de rotation: 24 heures et 37 minutes.
  • Période de révolution: 686.971 jours terrestres.
  • Distance moyenne du Soleil: 227.9 millions de km (Terre: 149.6 millions de km).
  • Composition atmosphérique: 95.97% de gaz carbonique. 1.93% d'argon. 1.89% d'azote. 0.146% d'oxygène. 0.0557% de monoxyde de carbone.

Photo 9 - Comparaison Terre et Mars


6. Terra-Formation de Mars.

La Terra-formation de Mars est le processus permettant de transformer la surface, le climat, l'environnement et l'atmosphère de la Planète Rouge pour la rendre hospitalière et supportable à la vie humaine, selon les normes terriennes. L'expression même de Terraforming (mot anglais) vient de l'écrivain américain Jack Williamson (1908-2010) qui l'emploie pour la première fois en 1942 dans une nouvelle publiée dans le magasine de Science-Fiction Astounding.

Il existe actuellement plusieurs projets ou concepts théoriques à l'étude, mais qui sont tous pour l'instant d'un coût prohibitif, tant au niveau des moyens financiers engagés, qu'en terme de ressources naturelles ou de logistique humaine nécessaires. Ces projets restent en ce début du 21ème siècle du domaine de la Science Fiction pure.

Photo 9 - Phases de transition de la Terra-Formation de Mars
réalisée par Viking-1 le 21 juillet 1976

Les premières étapes de ce programme seraient très certainement de transformer l'atmosphère actuelle pour la rendre respirable par l'homme, de réchauffer la planète, et de reconstituer les systèmes hydro-sphériques (mers, océans) et climatiques. Le moyen le plus logique pour reconstituer l'atmosphère et le système climatique terrestres serait d'importer des masses colossales d'eau, qui proviendraient d'astéroïdes ou de blocs de glace des systèmes de Jupiter et Saturne, ou encore de la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter. Cet apport d'eau permettrait paradoxalement de rendre Mars plus sec et froid, et donc plus propice au développement de la vie.

L'étape suivante serait de réchauffer la planète. Les scientifiques penchent actuellement sur l'idée d'une réduction du rayonnement solaire en créant un effet de serre contrôlé, de recréer une couche d'ozone. La stabilisation de l'atmosphère martienne permettrait d'importer des micro-organismes (algues, bactéries, hydrocarbures) de l'Antarctique. Cela serait alors les premières formes de vie introduites par l'homme sur Mars… Ces micro-organismes permettraient de réduire le niveau de dioxyde de carbone (95%) à la surface de la planète. Et ce n'est qu'un début! L'ensemble de ces processus de Terra-Formation est prévu pour s'étaler sur cinq ou six siècles...


Photo 10 - Aspect de la future terra-formation du paysage de Mars.
réalisée par Viking-1 le 21 juillet 1976


7. Mars dans la culture populaire et la littérature.

Deux exemples.

  1. "Trilogie martienne". De l'écrivain américain Kim Stanley Robinson. Une série de trois romans, Mars la Rouge (1992), Mars la Verte (1993) et Mars la Bleue (1996). L'histoire des cent "pionniers" originels terriens, envoyés pour coloniser et terra-former Mars, et de leurs descendants, s'étend sur une période de deux cent ans.

    Photo 11 - Trilogie Martienne de Kim Stanley Robinson.
    réalisée par Viking-1 le 21 juillet 1976
  2. "John Carter of Mars". Film américain de science-fiction (Studios Walt Disney, 2012). Synopsis (allocine.fr): "Le cinéaste Andrew Stanton signe un grand film d’aventures qui se déroule sur la planète Barsoom (Mars), peuplée de tribus guerrières et d’extraordinaires créatures. Tiré du premier livre du "Cycle de Mars" d'Edgar Rice Burroughs, le film raconte le fascinant voyage de John Carter, un officier de cavalerie confédéré, qui se retrouve, après la Guerre de Sécession, inexplicablement téléporté sur Barsoom, au cœur d'une guerre mystérieuse entre les habitants de la planète. Parmi tous les êtres étranges qui peuplent cet univers, il fera la connaissance de Tars Tarkas et de la captivante et belle princesse Dejah Thoris. Dans ce monde sur le point de disparaître, Carter va découvrir que la survie de Barsoom et de son peuple est entre ses mains..."




Article rédigé le 26 juin 2017.


Sources principales:
Mars (Wikipedia.org)
Colonization of Mars (Wikipedia.org)
Exploration of Mars (Wikipedia.org)
Terraforming of Mars (Wikipedia.org)


Opération Orchard: la fin du programme nucléaire de Bachar al-Asad

L'Opération Orchard (en français: Verger, en hébreu: Mivtza Bustan) est une attaque aérienne israélienne contre des installations soupçonnées d'être un réacteur nucléaire dans la région de Deir ez-Zor, en Syrie. Cette opération est exécutée un peu après minuit (heure locale) le 6 septembre 2007. Les gouvernements américain et israélien imposent le blackout total des infos des médias pendant les sept mois qui suivent le raid. La Maison Blanche et la CIA confirment que les services de renseignement américains ont classé le site comme une installation nucléaire militaire, bien que la Syrie réfute ces affirmations.

En 2009, les investigations de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) rapportent la présence sur place d'uranium et de graphite, et concluent que le site était bien un réacteur nucléaire. Ce rapport publié est cependant incapable de préciser la nature exacte du réacteur et l'objectif des autorités syriennes, celles-ci ayant refusé de coopérer avec les inspecteurs internationaux. En avril 2011, trois ans et demi après les faits, l'AIEA confirme officiellement et publiquement qu'il s'agissait bien d'un réacteur nucléaire.

Le raid de l'aviation israélienne est mené après des entretiens secrets avec l'administration Bush et le Pentagone. Après avoir constaté que les Etats-Unis sont à cette période incapables d'agir militairement en Syrie, le Premier ministre Ehud Olmert décide de mettre en application la "Doctrine Begin" de 1981, et de mener unilatéralement une attaque préventive visant à neutraliser tout développement futur d'un programme nucléaire syrien.

Contrairement à ce qui s'est passé avec le réacteur Osirak en juin 1981, le raid mené contre les installations syriennes ne provoque pas de remous, de critiques véhémentes de la communauté internationale ou de tollé général. Une des raisons pouvant expliquer cela est le silence complet décrété par Israel après cette opération. Cette absence de réactions peut-être considéré comme une reconnaissance tacite de l'"attaque préventive menée contre un programme nuclaire clandestin et illicite".

Les informations confidentielles, déclassifiées par la suite, indiquent que l'opération est menée par des F-15I Ra'am du Squadron 69, escortés par des F-16I Sufa de la même unité, et soutenus par un EC-135 (B707) ELINT, un avion spécialement chargé de la guerre électronique, du brouillage et de la neutralisation des communications et des systèmes de défense aérienne ennemis. Les chasseurs-bombardiers F-15I désignés pour mener l'attaque sont équipés de missiles AGM-65, de bombes guidées par laser de 1,000 lbs (454 kg) et de réservoirs de carburant auxiliaire externes. Une équipe de commandos d'élite des forces spéciales Sayerat Matkal (Unité 269), baptisée "Shaldag 13", est également présente sur zone. Déposée à proximité la nuit précédente par hélicoptères et disposée autour du réacteur, elle est chargée d'"éclairer" et de "verrouiller" la cible avec des désignateurs laser.


F-16I-Orchard


Contexte politique et préliminaires.

En 2001, le Mossad, ou "Service de renseignement extérieur" israélien, établit le profilage de Bashar al-Asad, le nouveau président de la Syrie qui a succédé à son père, Afez al-Asad, l'année précédente. A cette occasion, les services secrets israéliens découvrent que des dignitaires nord-coréens se sont rendus à Damas, très probablement pour négocier des ventes d'armes. L'Aman, le "Département du Renseignement Militaire" israélien, soupçonne que des pourparlers sont en cours pour la livraisons de technologies et/ou d'armes nucléaires au régime allaouite. Mais le Mossad ne croit pas trop à cette théorie. Au printemps 2004, les Services de renseignement américains rapportent de multiples communications entre la Syrie et la Corée du Nord, et parviennent à tracer l'origine des appels dans une zone désertique appelée "Al-Kibar". L'Unité 8200, le service de renseignement israélien chargé de l'interception et du décodage des communications syriennes, ajoute cette localisation à la liste des sites à surveiller plus attentivement.




Le 22 avril 2004, une explosion de grande ampleur, l'équivalent d'un séisme de 3.6 sur l'échelle de Richter, qui d'ailleurs sera enregistré par des sismographes jusqu'au Japon et en Chine, dévaste la petite localité de Ryongchon. Le bilan est d'environ 700 morts et disparus, et l'onde de choc est ressentie à plusieurs dizaines de kilomètres. Son épicentre est déterminée comme ayant été un train de marchandises se dirigeant de la capitale vers le port de Namp'o, au sud-ouest de Pyongyang. Selon l'écrivain britannique Gordon Thomas, un spécialiste de l'univers des services secrets, le Mossad a pris connaissance que des techniciens en énergie nucléaire étaient présents dans ce train, et sont tous morts dans l'explosion qui a secoué la région. Toujours selon Thomas, le train transportait des matières fissibles. Les corps de ces techniciens ont fait l'objet de mesures de sécurité très élevées et ont été rapatriés par avions militaire syriens jusqu'à Damas, où ils ont été réceptionnés par des dizaines de personnes ayant revêtues des tenues de protection anti-contaminations, et acheminés secrètement vers un endroit indéterminé. Dans la zone dévastée autour de l'explosion, les soldats chargés d'interdire l'accès aux curieux et aux journalistes, étaient également équipés de tenues de protection. Les analystes israéliens supposent que ces soldats étaient en fait chargés de recueillir des armes au plutonium ou leurs débris. Depuis cette explosion, le Mossad suit de très près les déplacements d'une douzaine de militaires et de scientifiques syriens vers Pyongyang, où ils s'entretiennent avec des officiels de haut-rang du gouvernement nord-coréen.

Photo ci-dessous: destruction occasionnées à la petite localité de Ryongchon, le 22 avril 2004, après l'explosion d'un train transportant des matières nuclaires dans la gare ferroviaire.

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Le Daily Telegraph, citant des sources anonymes, rapporte qu'en décembre 2006, un officiel de haut-rang syrien s'est rendu à Londres sous une fausse identité. Le Mossad découvre sa réservation dans un hôtel et décide d'envoyer des agents sous couverture dans la capitale britannique. Ces agents opèrent en trois équipes. La première est chargée d'identifier l'officiel à sa descente d'avion à l'aéroport d'Heathrow. La seconde surveille l'hôtel et ses environs. Et enfin la troisième opèrent à l'intérieur même de l'hôtel et est chargée de suivre les mouvements de la cible ainsi que ses visiteurs éventuels. Plusieurs de ces Israéliens sont membres de la Division Kidon, une unité du Mossad spécialisée dans les assassinats, et de la Division Néguev, spécialisée dans l'effraction de résidences, d'ambassades ou de chambres d'hôtels, pour la mise en place de dispositifs d'écoutes ou de surveillance.

Le premier jour, le Syrien se rend à son ambassade puis se promène dans les rues commerciales de la capitale britannique. Les membres du Kidon le suivent discrètement à la trace, tandis que ceux du Néguev en profitent pour entrer et mettre en place leur équipement. Dans la chambre, ils découvrent un ordinateur portable, et un expert en informatique installe un programme espion permettant de suivre les activités et la messagerie de l'ordinateur. Le Mossad parvient aussi à relever les empreintes digitales sur les touches du clavier, et sa correspondance privée électronique. Plusieurs photos en particulier, parmi celles stockées sur le disque dur, intéressent les Israéliens: une d'entre-elles où on voit un des principaux responsables du programme nucléaire nord-coréen, Chan Chibu, discutant avec Ibrahim Othman, le Directeur de l'Agence Syrienne d'Energie Nucléaire, et les autres montrent des installations nucléaires en construction d'Al Kibar, dans la région de Deir ez-Zor.

Bien que la mission originelle du Mossad soit de tuer le Syrien à Londres, les ordres changent et les agents sur place sont désormais chargés de le suivre et de le surveiller plus attentivement. Le mois suivant, le Premier ministre israélien Ehud Olmert forme une équipe restreinte de trois personnes exclusivement chargée de s'intéresser au programme nucléaire syrien. Six mois plus tard, le brigadier-général Yaakov Amidror, un des membres de ce trio, informe Olmert que des techniciens et ouvriers nord-coréens et iraniens travaillent désormais sur le site syrien en construction. Les services secrets israéliens découvrent également que l'Iran investit un milliard de dollars dans ce projet, et que Téhéran et Pyongyang prévoient de se servir de ces installations pour compléter et renforcer leur propre programme d'enrichissement d'uranium.

En juillet 2007, une explosion se produit à Musalmiya, dans le nord de la Syrie. L'Agence de presse syrienne SANA annonce que l'accident a causé la mort de 15 personnes et que 50 autres ont été blessés. La presse nationale indique juste que cette catastrophe a été causée par l'incendie de matières explosives. Le 26 septembre suivant, le journal Jane's Defense Weekly annonce que l'explosion s'est en fait produite lors du remplissage d'un missile Scud-C avec du gaz moutarde.

Un officiel du gouvernement américain annonce au journal ABC News qu'au début de l'été 2007, Israel a découvert une installation nucléaire non répertoriée par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) près de la ville de Deir ez-Zor, le "Complexe Al-Kibar", et que le Mossad tente d'introduire des agents infiltrés parmis les employés et les ouvriers du site. Ceux-ci seront chargés de prendre des photos de la cible à partir du sol. Deux mois avant le raid aérien final, Israel lance sur orbite terrestre un satellite d'observation Ofek-7 en position géo-synchronisé pour surveiller les activités sur le site syrien.

Dans la nuit du 15 août 2007, des commandos de reconnaissance Sayeret Matkal (Unité 269), baptisés "Shaldag 13", effectuent une incursion héliportée, avec deux hyélicoptères CH-53D Super Stallion, sur le site suspecté d'être un réacteur nucléaire, et reviennent avec des matériaux et divers pièces du site, ainsi qu'avec des échantillons du sol et d'eau. Cette mission est un succès: les commandos rentrent à leur base sains et saufs, en ayant remplis tous leurs objectifs. Les analyses effectués sur les échantillons montrent qu'il s'agit bien d'une installation nucléaire. De plus, les pièces et matériaux confirment leur origine nord-coréenne. Dès lors, le gouvernement israélien prend la décision irrévocable de bombarder et de détruire cette installation. Les Etats-Unis soutiennent et approuvent cette décision. Bien que les forces armées américaines ne prennent pas part à l'opération, le gouvernement américain sera tenu informé des préparatifs et de l'exécution de la mission. Dans ses mémoires Decision Points, le président George W. Bush écrit que le Premier ministre israélien Ehud Olmert a demandé que l'aviation américaine bombarde le site, mais Bush a refusé, indiquant qu'il n'y avait pas encore de certitude absolue que la centrale d'Al-Kibar serve à un programme de développement d'armes nucléaires. Désormais, c'est à Israel d'intervenir militairement.

Les préparatifs de l'aviation israélienne ont débuté un mois auparavant, le 14 juillet, mais les officiels américains, dont fait alors partie la Secrétaire d'Etat Condoleazza Rice, préfèrent une condamnation publique, et demandent à Israel de retarder l'opération jusqu'à ce que l'affaire soit relatée dans le presse internationale. Le journal Sunday Times rapportera également après le raid, le 18 novembre, que le Ministre israélien de la Défense, Ehud Barack, était chargé personnellement de la préparation et de l'exécution de l'Opération Orchard.

Photos ci-dessous: F-16I Sufa du Squadron 69 "Hammer" prenant part à l'opération Orchard.

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Trois jours avant l'attaque, un navire cargo battant pavillon sud-coréen, mais identifié comme étant nord-coréen, chargé de caisses de matériaux officiellement cataloguées comme de la cimenterie, accoste dans le port syrien de Tartus. Gordon Thomas écrit que ce navire a rapidement déchargé sa cargaison, un agent du Mossad photographiant les manoeuvres avec une caméra cachée. Les services de renseignement américain et israélien soupçonnent fortement ce navire de transporter en fait des matières nucléaires (uranium) destiné au programme nucléaire syrien. Dès lors les évènements vont se précipiter: Israel fixe définitivement l'horaire de l'attaque dans la nuit du 6 septembre 2007, un peu après minuit (heure locale). A Tartus, aussitôt après ce déchargement, le navire nord-coréen appareille et disparaît en Méditerrannée. Il réapparaitra le 25 avril 2008 dans l'océan Indien, battant pavillon comorien.

Les équipages israéliens prenant part à la mission sont personnellement sélectionnés et briefés par le général Eliezer Shkedy, le commandant en chef de l'Armée de l'air israélienne (Zroa HaAvir). Ils s'entraînent sur de petites cibles, sous un angle de plongée de 30 degrés. Durant les exercices, qui sont effectués dans le plus grand secret dans le désert du Néguev, ils utilisent des bombes à chutes libres avec du phosphore blanc fumigène, pour déterminer la précision de leur largage. Les aviateurs israéliens ignorent tout de la véritable nature de leur objectif, qui ne leur sera révélée que quelques heures avant le début de la mission. Durant le briefing final, l'après-midi du 5 septembre, Shkedy affirme que les systèmes de défense aérienne syriens seront brouillés et neutralisés par un RC-135 (B707) ELINT. L'opération s'effectuera de nuit, de manière à minimiser les pertes civiles.

Photo ci-dessous: F-15 Ra'am (F-15E Strike Eagle) du Squadron 69 "Hammer" prenant part à l'opération Orchard.

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Objectif.

CNN rapporte en premier, le jour même suivant l'attaque, que celle-ci a visé des installations et un camp d'entrainement du Hezbollah en Syrie. Une semaine plus tard, le Washington Post indique que les services de renseignement américain et israélien ont fourni des infos sur une installation nucléaire syrienne construite avec l'aide de la Corée du Nord, et que ce site était capable de produire des armes non-conventionnelles. Selon le Sunday Times, il s'agissait d'une cache de matériaux nucléaires provenant de Corée du Nord.

Le Vice-président syrien Fariq Al Shara annonce le 30 septembre qu'Israel a bombardé le "Centre Arabe pour l'Etude des Zones Désertiques et des Lacs Asséchés", mais le Centre lui-même réfute immédiatement cette déclaration. Le jour suivant, le président Bachar al-Asad décrit l'objectif comme "un complexe militaire vide toujours en construction", et ne fournit aucun autre détail sur la nature des installations de ce site.

Le 14 octobre 2007, le New York Times, citant des sources des services de renseignement militaire américain et israélien, écrit dans un article que l'objectif était un réacteur nucléaire en construction par des techniciens et ouvriers nord-coréens, et qu'une partie de ces personnes ont été tué lors du raid. Le 2 décembre, le Sunday Times, citant Uzi Even, un professeur de l'Université de Tel-Aviv et le fondateur du Centre de Recherche Nucléaire du Néguev, annonce que le site était destiné à la production du plutonium et à l'assemblage d'armes nucléaires. Toujours selon Even, les Syriens ont, après le raid, enterré le site sous une couche de terre, par peur des radiations.

Le 19 mars 2009, Hans Rühle, l'ancien responsable du comité d'état-major pour la Planification, au sein du Ministère allemand de la Défense, écrit dans le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung que l'Iran finançait la construction d'un réacteur nucléaire syrien. Rühle ne précise par la sources de ses informations. Il indique que les services de renseignement américain avaient détecté la livraison par navires de matériel et d'équipement nucléaire nord-coréen à la Syrie, dès 2002, et que la construction du réacteur d'Al-Kiber avait été détecté par les satellites américains en 2003. Il conclut que "le réacteur était de type nord-coréen, d'un modèle "Uranium naturel graphite gaz" (UNGG) et qu'"Israel estime que l'Iran a payé la Corée du Nord un montant entre 1 et 2 milliards de dollars pour ce projet". Il précise également que juste avant l'attaque aérienne, un navire cargo nord-coréen avait été intercepté et arraisonné par la marine israélienne en Méditerranée, avec à son bord du combustible nucléaire (uranium, plutonium).

Photo ci-dessous: le site du Complexe d'Al-Kiber, avant et après l'attaque israélienne du 6 septembre 2007.


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Phase du raid aérien.

La nuit précédente, l'équipe des forces spéciales désignée "Shaldag 13" est déposée à proximité par deux hélicoptères CH-53D Super Stallion, et prend position autour du site d'Al Kiber. Son objectif est de guider l'attaque aérienne en "illuminant" les cibles grâce à des désignateurs laser. Les Shaldags sont une unité d'élite spécialement entrainée pour mener des missions de sabotage et de renseignements à l'intérieur des lignes ennemies, c'est l'équivalent israélien des Navy SEALs de la marine américaine.

Photo ci-dessous: à l'instar de leur homologues Navy SEALs américains, les Shaldags 13 sont une unité d'élite des forces spéciales israéliennes, particulièrement entraînés pour mener des missions derrières les lignes ennemies.

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Le 5 septembre 2007, peu après 18h30, 10 chasseurs-bombardiers F-15I Ra'am (version israélienne du F-15E Strike Eagle) du Squadron 69 "Hammer", l'unité qui avait déjà détruit le réacteur Osirak en 1981, escortés par 4 F-16I Sufa de la même unité. Les F-15I et F-16I sont équipés de missiles guidés AGM-65 Maverick, de bombes guidées par laser (LGB) Mk83 Paveway de 1,000 lbs (454 kg) et de réservoirs de carburant auxiliaires. Ils sont soutenus par un avion de guerre électronique EC-135 ELINT, décollent de Ramat David, au sud-est d'Haifa. Trois des F-15I reçoivent l'ordre de faire demi-tour et de rentrer à leur base, les 7 autres poursuivant la mission. Pour éviter le gros des défenses anti-aériennes syriennes, le groupe survole la Méditerranée vers le nord, avant de tourner vers la droite et de longer la frontière turque.

A Tall al-Abuad, ils détruisent un radar syrien, avant de poursuivre au sud-est vers leur objectif. A 1h30 du matin, le 6 septembre, ils s'approchent des cibles et effectuent leur attaques en piquée sous un angle de 30 degrés. Tous les F-15I atteignent leurs cibles. Les bâtiments du complexe sont tous détruits. La mission est un succès complet.

Photo ci-dessous: réacteur nucléaire syrien d'Al-Kiber, près de la ville de Deir ez-Zor, photographié par un satellite israélien quelques semaines avant l'attaque.

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Le commando Shaldag plie bagages et est exfiltré sans difficultés particulières. Les 11 chasseurs retournent à leur base sans dommages, en survolant le territoire turc, où ils se débarrassent de leurs réservoirs auxiliaires. La mission est un succès complet.

Immédiatement après le bombardement, le Premier ministre israélien Ehud Olmert appelle son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, pour lui expliquer en détail la situation, et lui demander de relayer un message au président syrien Bachar al-Asad, lui annonçant qu'Israel ne tolèrera pas la construction d'un autre réacteur nucléaire, et que pour l'instant, Israel ne prévoit plus d'actions de représailles en Syrie. Israel cherche l'apaisement et la paix avec le gouvernement syrien.

Photos ci-dessous: 1° Plan de vol de la mission. 2° F-15I Ra'am (F-15E Strike Eagle) du Squadron 69 "Hammer" ayant pris part à l'opération Orchard.

english version - DER SPIEGEL 45/2009 Seite 118

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